‹ La Granulée Pleurale d'EmpisChapitre 10 sur 14 · ADM, VS · texte numérisé non relu

ADM, VS

(Empis), ou bien elle peut l’être en même temps que le poumon. Il en résulte tantôt une pleurite sèche avec des fausses membranes mollasses, rougeâtres sanguignolentes au début ; ou une pleurésie avec épanchement. Dans l’un et l’autre cas, la pleurésie n’est qu’un épisode initial d’une ganulie généralisée, ou bien la maladie semble se localiser dans la plèvre et uniquement dans la plèvre.

L’épanchement, qui peut être séreux, séro-purulent, séro-hémorragique ou hémorragique, se développe dans une plèvre ou dans les deux; il est variable d’un jour à. l’autre. Il s'accompagne de fièvre, d’amaigrissement, de phénomènes d’intoxication tuberculeuse. L’épanchement nécessite la ponction, mais se reforme avec rapidité. La mort survient en 5 ou 6 semaines, même moins. Le mode d’invasion de ces pleurésies tuberculeuses primitives est tantôt brusque et aigu comme une affection phelgmasique franche du système pleuro-pulmonaire : frisson, point de côté, dyspnée attirent attention sur une maladie possible du poumon et de la plèvre. D’autres fois, le développement est sourd, insidieux. Cependant, les phénomènes généraux gardent leur valeur habituelle ; et, quand on découvre l’épanchement, sa nature tuberculeuse ne peut que s'imposer à l’esprit. La marche de la maladie est progressive, et il n’est pas rare que le péritoine se prenne (forme pleuro-péritonéale). La mort est due soit à une généralisation bacillaire avec

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symptômes typhoïdes, soit à une éruption confluente sur le poumon, avec phénomènes asphyxiques...

Le diagnostic de pleurésie ‘uberculeuse sera facilité par le désaccord entre lPahondance de l’épanchement et les phénomènes dysphériques, par la gravité des phénomènes de dénutrition qui l’accompagnent, la persistance et les caractères de la fièvre, etc.

Il est d’ailleurs habituel de retrouver dans les antécédents des malades des épisodes pleuraux du même

genre et qui ont tourné court. »

Nouveau traité de Pathologie interne,

par ENPRIQUEZ, LaAFFITE, LAUBRY, Clovis VINCENT.

Tome III : maladies du nez, du larynx, des bronches, des poumons et des plèvres

(Doin, éditeur)

P., 751. — « L’atteinte pleurale est très fréquente dans le cas de tuberculose miliaire généralisée ; d'habitude, elle est discrète et se borne souvent à un petit épanchement pleural uni ou bi-latéral, à forme lymphocytaire, dont la constatation apporte d’ailleurs un appoint utile au diagnostic encore incertain de tuberculose miliaire. Quelquefois, on constate en tout et pour tout quelques frottements pleuraux aux bases. Mais parfois, la plèvre peut être atteinte au cours de la tuberculose miliaire avec une telle vio-

lence que la localisation pleurale semble constituer à elle seule toute la maladie. Empis avait d’ailleurs, avec une grande exactitude, signalé la granulie à forme pleurale. Dans les mêmes circonstances étiologiques que pour les autres cas de tuberculose miliaire, on se trouve en présence d’un malade offrant tous les symptômes et tous les signes d’une pleurésie tuberculeuse pouvant être uni ou bilatérale. Pleurésie à épanchement séro-fibrineux abondant vite récidivant, s’accompagnant d’une température élevée, d’un pouls très rapide, d’un état général immédiatement très grave, d’une dyspnée bientôt intense que les ponctions ne calment pas, d’une cachexie qui fait chaque jour des progrès et qui amène la mort au bout de quelques semaines, le tableau symptomatique des derniers jours, traduisant assez fréquemment une participation évidente ou simplement révélée à lautopsie des autres séreuses, péritoine, péricarde, méninges. »

Charles LAUBRY.

Il serait fastidieux de multiplier les exemples. Rien n’est tenace comme l'erreur. Aujourd’hui, comme hier, et peut-être comme demain, pour de nombreux médecins, de très nombreux médecins, la notion suivante reste un dogme :

« La granulie à forme pleurale a été bien décrite par Embpis. Le début est souvent brusque, rappelant celui de la pleuro-tuberculose primitive de Landouzy

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avec frisson, point de côté, dyspnée, fièvre, L’examen révèle tous les signes d’un épanchement pleural, mais la dyspnée devient rapidement considérable, la cyanose apparait, ne semblant pas en rapport avec le volume de l’épanchement, qui ne paraît pas très abondant. Une ponction pratiquée néanmoins ne ramène que 500 ou 600 grammes de liquide séreux et ne procure aucun soulagement. Souvent, on constate alors des râles sibilants ou sous-crépitants, rappelant les signes de la forme catarrhale. L’évolution se fait comme dans les autres formes de granulie. »

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