OBSERVATION I
Mad. N.., dix-huit ans, est traitée pour pleurésie sérofibrineuse gauche depuis le début de décembre 1935. En fait, en mars elle avait présenté pendant quelques semaines un état fébrile inéxpliqué, qui, rétrospectivement, nous paraît devoir être mis sur le compte d’une primo-infection. La malade est amaigrie (6 kilogrammes), pâle, fébrile avec une température en plateau à 38°, s’élevant régulièrement à 39° dans les jours qui précèdent les règles. Le confrère qui nous a appelé avait fait une ponction qui a raméné un liquide sérofibrineux à réaction lymphocytaire sans bacilles de Koch. La bacilloscopie a été également négative. Lors de notre premier examen, nous ne notons aucun signe objectif, c’est seulement sur le cliché que nous distinguons une légère ombre pleurale basale gauche avec effacement du cul-de-sac costo-diaphragmatique. L’examen bactériologique est renouvelé, à aucun moment nous ne trouvons de bacilles, et cependant l’amaigrissement s’accuse et la fièvre persiste toujours aussi désespérante. Le 6 février, nous sommes rappelé pour céphalée et vomissements. L’examen du liquide céphalo-rachidien nous apporte la preuve de la tuberculose. Hyperalbuminose, hypercytose et bacille de Koch. La malade meurt le 9 février.