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produite cette substance organique. Les auteurs ont d'ailleurs fait remarquer que les phosphates présentent une grande tendance à se combiner avec les matières organiques, surtout avec les matières mortes ou nécrosées. Maly, Donnat, Virchow, Ebstein ont insisté sur cette tendance des phosphates à déposer au contact de la matière organique altérée, transformée. De son côté, Litten à trouvé sur un chien, après cinq jours de ligature temporaire de l'artère rénale, une imprégnation intense de l’épithélium par les sels calcaires et, au bout de dix jours, le rein présentant dans son ensemble une consistance calculeuse, les canalicules étant remplis de masses calcaires.
«Mais quelle est la cause qui produit cette altération de l’épithélium? « Des troubles de la nutrition rénale, à dit Ebstein, peuvent suivre les infections morbides : rougeole, scarlatine (G. Simon, Wagner, Litten, Kuttner). Il semble, en effet, que l'infection joue un rôle important dans la pathogénie des calculs phosphatiques . même dits primitifs. Ainsi, chez mes deux malades, il existait souvent dans l’urine une assez grande quantité de cette substance que l’on désigne en clinique du nom de mucus, bien que l’on sache que la mucine n'existe pas dans l'urine (Méhu). Or, tous les deux présentaient alors des troubles dyspeptiques très accusés, de la constipation, un véritable embarras gastrique. Il est donc permis de supposer qu'il y avait altération de l’épithélium rénal et des voies urinaires par des produits toxiques élaborés dans l'intestin et absorbés au niveau de cet organe. Peut-être y avait-il même une infection générale passagère due au coli-bacille.
« Cette altération épithéliale devait également être favorisée par la présence dans les voies urinaires d’un abondant précipité de phosphate de chaux. Il n'est pas douteux, en effet, que ces sels doivent exercer sur l’épithélium une action mécanique nuisible.
« Mais ces poisons microbiens solubles n’ont-ils pas encore produit, au moins chez l’un de ces malades, dans le fonctionnement de l’épithélium rénal, un trouble qui a eu pour conséquence l’alcalinité de l'urine et par suite la précipitation du phosphate de chaux ? Je rappelle, en effet, que chez l’un de ces malades, non seulement il n'y avait pas de phosphaturie, mais que la quantité d'acide phosphorique trouvée dans l'urine était encore inférieure à la normale.
« Il faut, bien entendu, une prédisposition individuelle, une susceptibilité toute spéciale de l’épithélium rénal, pour que ces poisons microbiens solubles exercent une telle action sur cette épithélium.
« Quoi qu'il en soit, l’action favorable des purgatifs à été mani-
Poe
feste dans ces deux cas et l'existence intermittente d'une substance organique, même abondante, dans l'urine, à été évidente. »
M. le D' Lavaux pense donc que l'infection joue un rôle important dans la pathogénie des calculs primitifs, aseptiques, des voies urinaires aseptiques; mais pour cet auteur l'infection n'agit qu’indirectement : les voies urinaires ne sont pas infectées; l'urine ne contient que des poisons solubles d’origine microbienne et ce sont ces toxines qui altèrent l’épithélium des voies urinaires et rendent possible la formation des calculs phosphatiques aseptiques primitifs. En résumé, la véritable cause, c'est une intoxication et dans les deux cas qu'il cite il s’agit pour cet auteur d’une intoxication d'origine intestinale.
Mais la gravelle phosphatique primitive ne peut-elle pas se produire par un autre mécanisme ? « L'usage des remèdes alcalins longtemps continué, a dit Prout,
peut également disposer à la surabondance des phosphates et même provoquer leur précipitation. »
M. le professeur Bouchard ne semble admettre cette cause que dans les cas où il existe déjà un calcul dans les voies urinaires :
« L'excès d’alcalinité du sang, dit-il, qu'il résulte d’un trouble nutritif général ou de l'abus des eaux alcalines, pourra amener très souvent le dépôt de sels phosphatiques sur des calculs préexistants. »
[Notre observation IIT ne nous permet pas non plus d’être absolument affirmatif. L'auteur qui l’a publiée n'a pas indiqué, en effet, d’une façon assez précise l’état des voies urinaires. Il n’est guère admissible, d’ailleurs, qu'une aussi faible quantité de boissons alcalines ait pu produire seule la gravelle phosphatique. Les voies urinaires étaient probablement infectées chez ce malade et l’observation perd alors tout son intérêt, car les faits analogues ne sont point rares et ils sont depuis longtemps connus. Il ne s’agit pas de la forme de gravelle phosphatique que nous étudions, de la forme primitive. Nous devions cependant signaler cette observation dans notre travail, mais en faisant les réserves qu'elle comporte.
« Dans le rachitisme, les urines sont pâles, disent les auteurs (1), souvent un peu troubles ou opalines, laissant déposer un sédiment épais par le refroidissement. Une liqueur alcaline, comme la liqueur cupro-potassique qui sert à la recherche du sucre, y produit un
abondant précipité, constitué surtout par du phosphate de chaux. »
(1) Dictionnaire Jaccond, tome 30, page 393.
Mais peut-il se produire une véritable gravelle phosphatique primitive dans ces cas ? Certains auteurs l'ont dit; mais nous ne connaissons aucune observation probante. Dans tous les cas publiés il existait une inflammation des voies urinaires.
Nous ferons la même remarque au sujet de l'ostéomalacie. Du reste, Pagenstecher, qui à eu l’occasion de voir un grand nombre de cas de cette affection, nie absolument l'augmentation des sels calcaires dans l’urine de ces malades.
En résumé, la gravelle phosphatique primitive est très rare. Elle semble la conséquence d’une prédisposition individuelle toute spéciale, à laquelle s'ajoute un trouble intermittent dans les fonctions du sytème nerveux, trouble lié à une cause bien nette : violents chagrins, fatigues musculaires excessives, etc.
L’infection paraît jouer indirectement un rôle important dans le mécanisme de la formation de ces calculs phosphatiques primitifs. C'est plutôt une véritable intoxication qui produit les lésions épithéliales, la substance organique qui agglomère les sels phosphatiques et concourt à la formation des graviers et des calculs phosphatiques priminfs.
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