SYMPTOMES
Il s’agit de sujets impressionnables qui, sous l'influence de violents chagrins, de privations ou de fatigues musculaires excessives, présentent successivement les troubles suivants :
Diminution de l'appétit, digestion pénible, constipation, troubles nerveux divers. 3
Un jour, le malade constate qu'à la fin de la miction l'urine est toute blanche, comme du lait. Cette urine laisse déposer au fond du vase une poussière blanche qui, dès qu’on l’agite, se mêle à l'urine et lui donne un aspect lactescent.
A cette période, il n’y a pas encore de douleur.
Plus tard, apparaît dans l'urine une matière gluante, filante, analogue à du blanc d'œuf et qui agglomère la matière blanche. pulvérulente. Le malade éprouve souvent alors én urinant une sensation de brûlure plus ou moins vive.
Ensuite apparaissent des crises d’abord légères, puis de plus en plus violentes de coliques néphrétiques. La douleur est tantôt limitée à un seul côté, tantôt bilatérale. La substance gluante est alors teintée de sang; parfois un vrai calcul est expulsé et l’on constate une hématurie plus ou moins accusée, mais souvent légère.
L'expulsion de ces graviers est suivie de la disparition des symptômes caractéristiques de la colique néphrétique; mais ces crises ne tardent point à reparaître si‘l'on n’a pas recours à un traitement rationnel. Parfois cependant elles n'apparaissent qu'à d'assez longs intervalles et sont parfois alors d’une grande violence.
Lorsque ces malades viennent consulter, l'examen de l'urine est caractéristique. On constate que cette urine examinée aussitôt après son émission est alcaline, mais ne contient point de carbonate d'ammoniaque. La matière blanche pulvérulente ou agglomérée par la substance gluante déjà décrite est formée presque exclusivement de phosphate de chaux. On n'y trouve point de phosphate ammoniacomagnésien. L'analyse des graviers ou des vrais calculs montre les mêmes particularités.
Dans l'intervalle des crises l'urine est parfois neutre, mais il est exceptionnel qu'on la trouve franchement acide. Dans ce cas, l'urine
est claire et il ne se forme pas de dépôt. C’est alors que l’on peut bien constater que l'urine n’est point infectée, qu'elle ne contient point de pus, que les voies urinaires, au-dessus du sphincter urétral, sont en un mot aseptiques.
Ces variations dans la réaction de l'urine expliquent très bien les alternances d'urine trouble et d'urine claire. On sait, en effet, que les phosphates contenus dans l’urine, phosphate de chaux et phosphate de magnésie, sont maintenus en dissolution à la faveur de l’acide libre ou des sels acides renfermés dans ce liquide. Dès que cette réaction disparaît, que l'urine devient neutre et surtout alcaline, le phosphate de chaux se précipite sans avoir éprouvé de modification. Il en est de même du phosphate de magnésie.
Quand les voies urinaires sont infectées et que l’urine contient du carbonate d’ammoniaque, le phosphate de magnésie se combine au contraire avec l’'ammoniaque et paraît dans le précipité sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien.
Ce dernier sel se rencontre également dans les urines des malades atteints de gravelle phosphatique primitive, lorsque ces urines ne sont examinées qu’au bout d'un temps plus ou moins long après leur émission, parce que l'urine, au contact de l'air, à fermenté: il s'est produit du carbonate d'ammoniaque qui a donné lieu à la réaction qui vient d’être rappelée. Aussi, pour faire un diagnostic précis, faut-il avoir soin d'examiner l'urine des malades atteints de gravelle phosphatique primitive aussitôt après son émission.
La marche, la durée, la terminaison de l'affection varient suivant les cas. Si les causes persistent et que l’on n’ait pas recours à un traitement rationnel, on voit les crises de coliques néphrétiques devenir de plus en plus fréquentes et violentes, l’appétit diminuer de plus en plus, le malade maigrir considérablement et l'affection prendre une gravité que l’on n’aurait pas soupçonnée au début des accidents.
Si les causes sont au contraire supprimées et les malades soumis à un traitement convenable, les crises de coliques néphrétiques deviennent de plus en plus rares et finissent par disparaître. Les troubles digestifs disparaissent également, le malade reprend de l'embonpoint et la santé redevient parfaite.
Néanmoins ce sont des malades qu'il faut longtemps surveiller, car ce sont des impressionnables, pour ne pas dire des nerveux. On constate que leurs urines sont habituellement peu acides. Une rechute pourrait donc se produire avec la plus grande facilité.