‹ La gravure en pierres finesChapitre 10 sur 75 · ARMÉNIENS, MEDES ET PERSES · texte numérisé non relu

ARMÉNIENS, MEDES ET PERSES

Fig. 2f

dans toute sa force. Le griffon ailé, cornu, que nous trouvons sur une gemme conoïde du Cabinet des médailles (fig. 28), montre de quelle façon Tart perse sait interpréter et transformer les kéroubs assyriens. Le colosse a le corps et les pattes de devant d'un lion ; les pattes de derrière, armées de serres puissantes, sont celles de Taigle; il a des oreilles de taureau, des cornes d'œgagre; Toeil, la face et le bec entr'ouvert sont ceux du gerfaut; une crinière hérissée orne le cou fièrement cambré comme celui du cheval; la queue est celle du lion; de grandes ailes à plumes imbriquées se développent comme celles des taureaux persépolitains. Nous ne connaissons dans l'art perse rien qui soit supérieur à cette figure, symbole

de force et de puissance, où tant d^éléments disparates sont combinés avec une si heureuse harmonie.

Bientôt, par suite de Textension de la domination perse dans les contrées occidentales de PAsie, en Egypte et en Asie Mineure, de nouvelles influences ne tardent pas à s'introduire dans la glyptique et, en général, dans Tart perse. Les Égyptiens, les Phéniciens, les populations araméennes de la Syrie et de l'Asie Mineure, les Grecs eux-mêmes apportent chacun leur contingent de nouveauté et d'originalité à l'art perse, qui franchit graduellement l'ornière dans laquelle l'art chaldéo-assyrien s'est arrêté impuissant. Il y a des cylindres perses où le costume des personnages est égyptien; d'autres sur lesquels Fart grec a visiblement son action. La mode s'étend de plus en

plus de substituer aux cylindres dont Tusage, comme cachets, n''était pas des plus pratiques, les pierres coniques, rhomboïdales, scarabéoïdes ou hémisphériques, aplaties sur une face de façon à former un champ pour la gravure. Sur ces cônes, généralement en calcédoine blonde ou en agate, les sujets les plus fréquents sont : le Roi des rois, debout ou agenouillé, coiffé de la cidaris et tirant de l'arc, type analogue à celui des monnaies connues sous le nom de dariques; le roi poignardant un lion qui se dresse devant lui, type également emprunté à la numismatique; un pontife devant le pyrée et adorant Ormuzd; des sphinx. Un cachet en opale (fig. 29), trouvé à Suse par M. Dieulafoy, montre en adoration devant le ^' disque ailé d'Ormuzd deux sphinx coiffés de la couronne de la haute Egypte; au centre, dans un petit cartouche circulaire, Teffigie du prince achéménide, sans doute Artaxerxès Mnémon. Le style élégant des sphinx, la délicatesse du portrait royal qu'il faut examiner à la loupe, sont dignes de remarque.

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