‹ La gravure en pierres finesChapitre 14 sur 75 · G. Perrot et Chipiez, Hist. de l'art, t. III, p · texte numérisé non relu

G. Perrot et Chipiez, Hist. de l'art, t. III, p

2, Coll. de Clercq, n" 386 ter; E. Babelon, Manuel cfarchéologie orientale, p. 3 11, fig. 232.

probablement le père d'Annipi : « Addumu, homme de la ville forte de Sidon, cachet personnel. » On y reconnaît un dieu cynocéphale égyptien, debout, en costume

national, accompagné de deux autres personnages divins : Reseph, coiffé de la mitre, armé d'une massue et d'un bouclier; Set, avec une tête d'animal, tenant le sceptre recourbé. Des inexacti-

Fig- 3 5-

tudes dans la reproduction des caractères cunéiformes démontrent que la main qui les a gravés n'était pas assyriennne, mais phénicienne. Ainsi, voilà des marchands de Sidon qui écrivent leur nom en assyrien sur des sceaux où sont gravées des images égyptiennes. Il existe aussi des cylindres sur lesquels les figures sont purement assyriennes, tandis que l'inscription est en lettres phéniciennes. Celui-ci (fig. 36) du Musée britannique est le « cachet d'Akadban, fils de Gebrod, l'eunuque, adorateur de Hadad ». Le style, les détails du costume sont si nettement assyriens, que ce monument nous révèle , mieux que

tout autre, le procédé de plagiat vulgaire auquel a eu trop souvent recours l'imagination paresseuse des

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Fig. 36.

Phéniciens. Ces trafiquants ont trouvé tout simple et expéditif de s'approprier des cylindres assyriens ou des scarabées égyptiens, en se bornant à y faire graver leurs noms. Ils ne rougissaient pas de porter, pendant leur vie, les cachets et les bijoux d'autrui, en attendant que leurs cendres elles-mêmes reposassent, comme celles d'Eschmunazar et de sa dynastie, dans des sarcophages dérobés aux Égyptiens.

A partir de la domination achéménide, ce sont surtout les produits de la glyptique perse que copie tout l'Orient sémitique. Les cylindres deviennent de plus en plus rares; gens pratiques avant tout, les marchands de Tyr, de Sidon, d'Aradus, préférèrent les cachets plats aux formes multiples : scarabées, scarabéoides, ellipsoïdes, cônes, conoïdes octogonaux. La forme scarabéoïde est d'origine égyptienne, la forme conoïde est empruntée aux Assyriens et aux Perses. Un bon nombre des gemmes phéniciennes et araméennes parvenues jusqu'à nous ont encore leur monture qui consiste, soit en un chaton de bague, soit en un large anneau en fer à cheval qui permettait à la fois de faire tourner la pierre sur son axe et de la suspendre à un collier (voyez fig. 47). L'inscription, quand elle existe, donne le nom du possesseur, sa filiation et parfois sa qualité. Les sujets, naturellement plus restreints que ceux des cylindres, sont toujours d'inspiration chaldéo-assyrienne, perse ou égyptienne. Ce sont des figures de divinités, des pontifes en prière, le globe ailé, des cerfs, des lions, des taureaux, des sphinx, des griffons. Un cachet, dont Renan a rapporté une empreinte lors de sa mission en Phénicie, représente un pontife

Fig. 37.

Fig. 38.

chaldéen, en grande robe, debout devant un autel, le type le plus commun en Chaldée au temps de Nabuchodonosor; Pinscription, en caractères araméens, signifie : « Cachet de Hinnomi \ » Ici, c'est Finfluence chaldéo-assyrienne qui domine exclusive; de même que sur ce cachet conoïde du Musée britannique où figure aussi le pontife chaldéen (fig. Sy) et sur ce scarabéoïde, de la collection de Luynes (fig. 38) au type de Dagon ichthyomorphe, le dieu des Philistins. Mais il en est d'autres où l'on reconnaît non moins nettement l'action de l'Egypte. Le cachet du musée de Florence, qui porte le nom d'Abibaal, a pour type un personnage égyptisant par son maintien, sa carrure d'épaules, son costume^. Victor Place a recueilli sous l'un des taureaux du palais de Khorsabad un cachet qui porte, en beaux caractères phéniciens, le nom d'Abd- Baal autour du vautour égyptien aux ailes retombantes placé entre deux urœus et surmonté du globe ailé dans un

croissant ^. On ne saurait enfin méconnaître le style égyptien des personnages ailés et du dieu cynocéphale qui figurent sur ces Fig. 40.

remarquables scarabéoïdes, anépigraphes, de la collection de Luynes (fig. 39 et 40).

Fig. 39.

1. E. Renan, Mission de Phénicie, p. 114; Perrot et Chipiez, Hist. de l'art, t. III, p. 648, fig. 455.

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