‹ La gravure en pierres finesChapitre 16 sur 75 · I. Revue archéologique, 1868, t. XVII, p. 445 et suiv · texte numérisé non relu

I. Revue archéologique, 1868, t. XVII, p. 445 et suiv

le taureau qui se voit sur notre cachet est le symbole de la déesse syrienne ou phénicienne, spécialement d'Astoreth, la déesse lunaire de Sidon; comme tel il était sans doute représenté dans les sanctuaires de Samarie où Jézabel entretenait quatre cents prêtres d'Astoreth; sous le nom de veau d'or, il avait à Bethel un temple spécial élevé par Jéroboam et détruit seulement par Josias trois siècles plus tard; enfin, il était sans doute au nombre des « abominations » dont Manassé avait rempli le temple de Jérusalem lui-même. » Telles sont les justes raisons qui expliquent l'existence d'intailles ou sceaux d'origine juive avec deux bouquetins, symboles de la déesse syrienne; avec une divinité agenouillée sur une fleur de lotus, la tête ornée de la coiffure d'Hathor; avec deux personnages barbus coiff"és de la tiare, en adoration devant une triade composée d'Ormuzd, du soleil et de la lune : sur ce dernier cachet, on lit le nom juif de Menahemet.

Des intailles trouvées à Jérusalem portent les noms bien juifs de « Ananias, fils d'Akbor », et de « Ananias, fils d'Azarias »; L'inscription de cette dernière (fig, 44) est entourée d'une élégante couronne de têtes de grenades :

on sait que la grenade paraît fréquemment sur les monnaies juives. D'autres *' pierres, recueillies à Naplouse, sont

aux noms de Peqah, Hopez, Yehezaq. Un scarabéoïde du musée du Louvre a pour type un dieu à quatre ailes tenant dans chaque main un serpent, comme l'Horus égyptien; il est coiffé du disque solaire accosté de deux cornes de vache. Le nom Baal-

nathan indique que le possesseur était probablement un Ammonite ou un Moabite. Enfin, si l'on s'en rapporte à la forme du nom, il faut classer aux Moabites rintaille sur laquelle on lit Camosiehi, au-dessous du globe ailé égyptien \

Cypre et Carthage sont comme le prolongement de rOrient du côté de la Grèce et de Rome. Habitée moitié par des colonies phéniciennes, moitié par des colonies grecques, Cypre fut la patrie d'un art particulier dans lequel se reflète le triple génie égyptien, assyrien, hellénique : elle eut des graveurs en pierres fines dont les œuvres, à ce point de vue, sont non moins intéressantes que ses nombreux monuments de sculpture et de céramique. Pour Carthage, restée toujours exclusivement phénicienne et ville de négoce, elle ne sut jamais être, pas plus que sa métropole, un foyer artistique, et l'on chercherait en vain, dans les nomenclatures classiques, le nom d'un artiste quelconque né dans ses murs. Les chefs-d'œuvre que ses trafiquants convoitaient en visitant les colonies grecques de la Sicile, elle se les appropria par le vol ou à prix d'argent, mais ce fut sans profit pour son éducation artistique et morale. Et quant aux ouvrages des ateliers égyptiens, assyriens, perses, phéniciens, cypriotes, rhodiens, dont elle emplissait ses magasins

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