I. J. Martha, l'Art étrusque, p
qui sont de purs chefs-d'œuvre archaïques, d'autres sont d'un travail plus que médiocre, mais une observation attentive a permis d'établir que les unes et les autres sont souvent contemporaines; à côté des artistes grecs qui travaillaient pour les Etrusques, il y avait en Étrurie des ouvriers de bas étage qui faisaient des scarabées à bon marché pour le vulgaire, copiant sans style ni talent des sujets qu'ils ne connaissaient peutêtre souvent que par des copies intermédiaires et déjà altérées. Enfin, en Étrurie plus que partout ailleurs, l'art se traîne dans l'ornière de l'archaïsme d'imitation, de sorte que ses produits n'ont point de date respective. Pour toutes ces raisons, il faut se contenter de remarquer que le bon style étrusque se distingue par les qualités et les défauts de l'archaïsme grec : les personnages ont généralement de longues jambes et un torse très court, comme les figures du fronton du temple d'Egine et celles des métopes de Sélinonte; le costume est grec; le travail est poussé méticuleusement dans les détails ; le relief donné par l'empreinte des intailles est relativement faible et plat; le sujet est presque toujours encadré dans une bordure dentelée. Quant aux scarabées de style médiocre qu'on a trouvés en quantité innombrable, la majorité paraît n'être pas antérieure au iii'^ siècle.
Naturellement, les Etrusques utilisèrent leurs scarabées comme cachets. D'aucuns étaient enfilés dans des colliers; mais la mode élégante était de les monter en bagues. Comme en Grèce, on en portait même plusieurs à chaque doigt, et le terme singulier de sphragidonychargokometœjinvenié par Aristophane pour dési-
LA GLYPTIQUE AUX V« ET IV^ SIÈCLES. iij
gner les plus efféminés de ses contemporains, était applicable à beaucoup d^Etrusques de son temps.
Pas plus que les Grecs de Tépoque archaïque, les Etrusques n^ont fait un usage courant du camée. Cependant, le musée de Florence a acquis, en i885, un beau fragment de camée trouvé à Chiusi : il représente Eos ou Thétis. Un autre camée en onyx, avec une figure presque semblable (fig. 80), a été recueilli dans une tombe d'Orvieto ^ Ces intéressants monuments peuvent remonter au commencement du v" siècle; comme sur les autres camées du même temps, la figure en relief n'est que la carapace transformée du scarabée traditionnel.
Fig. fo.