E. Babelon, le Cabinet des antiques, p. i à
2. F. deMély, dans Iq. Galette archéologique, 1886, p. 24401 suiv.
chés, n'est-ce pas en même temps faire toucher du doigt, pour ainsi dire, l^admiration persistante des siècles et les glorifier mieux que ne saurait le faire la plus enthousiaste des descriptions, puisque c'est leur
Fig. 113.
attribuer ce caractère de chefs-d'œuvre humains que ni les révolutions ni la mode changeante ne sont parvenues à détrôner du premier rang parmi les œuvres d'art?
A côté des camées iconographiques, ceux qui représentent des sujets mythologiques sont non moins remarquables, Au Cabinet des médailles, il en est deux, de
grandes dimensions, dont nous parlerons plus loin, à cause de la transformation singulière que la naïveté du moyen âge leur a imposée : c^est le Jupiter dit de Chartres j parce qu'il fut donné à l'église de cette ville par le roi Charles V (fig. i63), et la dispute de Minerve et de Neptune pour la fondation d'Athènes (fig. i86). Outre ces belles gemmes, la même vitrine renferme des bustes de divinités : Junon, Minerve, Diane, Apollon, Mercure, Vénus ; Pélops embrassant l'ombre de Léodamie; Apollon et Marsyas, sujet traité souvent, aussi bien en creux qu'en relief (fig. 174) ; des Centaures, des Tritons, des Néréides, des Amours. A Vienne, nous remarquons le camée d'Apollon Actien dans un char traîné par quatre Tritons, pierre gravée en l'honneur de la victoire d'Actium; puis un autre camée non moins beau, sur lequel on s'accorde généralement à reconnaître Diane et Endymion plutôt que Vénus et Adonis.
Les intailles du I"' siècle peuvent se répartir en trois groupes essentiels : la série iconographique qui est fort nombreuse, la série mythologique et enfin les sujets de genre, scènes de la vie privée, édifices, animaux, plantes, symboles de toute nature.
Les types mythologiques sont loin d'offrir l'intérêt des pierres gravées grecques et étrusques ; les légendes qui mettent en scène les dieux et les héros des temps fabuleux paraissent surannées aux graveurs sceptiques, contemporains de Tibère et de Néron. On se borne à graver les images de dieux auxquels on ne croit guère : Jupiter, Junon, Ganymède, Diane, Hercule, Bacchus, Vénus, Minerve, Mars, Apollon, Mercure, le Soleil, les Muses, Esculape, Hygie, la Victoire, l'Amour, des