I. L. de Laborde, Glossaire des émaux, p
thyste claire qui, de la collection Crignon de Montigny, est passée dans celle de M. le baron Roger de Sivry (fig. 170); elle représente un buste royal de face, que son style paraît autoriser à placer vers le temps de saint Louis ou de Philippe le Bel. C'est un peu plus tard, vraisemblablement, que fut exécuté ce beau camée sur sardonyx, qui représente Noé buvant le vin dans une coupe, sous un cep de vigne dont il cueille en même temps une grappe (fig. lyj .
Cabinet des Médailles). Ce sujet chrétien ne saurait remonter à Tantiquité, et, d'autre part, on a constaté sa présence dans l'Inventaire du roi Charles V en i38o, où il est naïvement décrit :
« Ung camahieu sur champ blanc, qui pend à double chesnette et y a un hermite qui boit à une coupe sous un arbre. »
Dès le XIII® siècle, d'ailleurs, les inventaires ne nous permettent pas d'hésiter à reconnaître des produits de la glyptique contemporaine. Souvent, malheureusement, on ne saurait distinguer, à cause du peu de précision des descriptions, si un sujet chrétien est byzantin ou occidental ; mais, parfois pourtant, il n'est guère possible d'hésiter. Dans l'Inventaire du Trésor de Charles V, on trouve énumérés six sceaux ou signets de pierres gravées antiques, puis des signets d'une autre nature, bien certainement gravés par des artistes
Fig. 171.
français ; ce sont les suivants : « Ung signet d'or pendant à une chesnette d'or et a ou milieu dudit signet ung saphir taillé à troys fleurs de lys. — Deux signets pendants à une chesne d'or dont il a en l'ung ung saphir entaillé a un K environné de fleurs de lys et l'autre a ung saphir ouquel est intaillé ung roy à cheval, armoyé de France. » On sait que le K est la première lettre du nom du roi en latin (Kai'oliis) ; le roi à cheval devait être pareil au type du cavalier sur les monnaies contemporaines.
Aux Archives nationales, on conserve un mandement de Charles V, sur lequel est plaquée une empreinte de cire faite à l'aide d'une intaille sertie dans une monture de métal. Sur cette bordure sont gravés les mots : se EL SECRET, et l'empreinte de la gemme nous montre une tête royale de face qui paraît bien être ^ig. 172. celle du roi lui-même (fig. 172). C'est peut-être jusqu'à cette époque que remonte une précieuse bague en or, du musée du Louvre, dont le chaton est un saphir gravé d'un écusson aux armes des Lusignan : une sirène de face. Sur la monture, on lit, en caractères gothiques du xv* siècle, la devise : Celle que jeme, m'jrmmera K
La bague de Jean, duc de Berry, frère de Charles V, qui fait partie de la collection de M. le baron Pichon, a aussi pour chaton un saphir gravé qui représente un personnage assis sur un trône. Dans l'Inventaire du trésor de ce prince, rédigé en 1416, on voit figurer