E. Muntz, Histoire de l'art, t. I. p
Fig. 174.
le fastueux Mécène fit graver sur chacun d'eux (fig. 174). Son fils Pierre suivit noblement ses traces d'amateur intelligent et passionné. L'histoire des Médicis, d'ailleurs, est étroitement liée à l'histoire de l'art pendant la Renaissance, et leur nom est synonyme de protection éclairée des arts, parce que dans cette protection, comme l'a écrit M. Muntz, « il s'y mêlait, avec la foi la plus vive et le goût le plus sûr, je ne sais quel besoin d'affection et de familiarité bien propre à tirer les artistes de l'état d'abaissement dans lequel la société contemporaine les avait si longtemps laissés languir* ». Les Inventaires de la Renaissance contiennent la description de nombreuses gemmes à sujets chrétiens gravés par les artistes que Paul II, Laurent et d'autres princes italiens entretenaient à leur cour. Par exemple, dans celui du palais de Saint-Marc, à Rome, rédigé en 1457, nous trouvons mentionné un grand camée figurant l'histoire de Jacob avec sa femme et onze de ses enfants; Joseph est absent et ses frères portent sa robe à leur père. Sur un autre camée, c'est le Christ avec les apôtres Pierre et André, saint Jean-Baptiste et l'agneau pascal. Il en est aussi avec les images de saint Marc, de saint Théodore, de sainte Catherine, avec la Crucifixion. Dans l'Inventaire de la maison d'Esté qui porte la date de 1494, on lit la description d'un camée représentant saint Christophe. Enfin, les galeries de nos musées sont là pour attester que les sujets chrétiens n'ont pas été abandonnés par les graveurs en pierres fines de la Renaissance.