J. Menant, les Cylindres orientaux de La Haye, p. yS
LES CHALDEO-ASSYRIENS.
et nous devons croire Hérodote quand il affirme que chaque Babylonien avait son cachet. Ici, de même que sur les bords du Nil, à la suite des temps préhistoriques, on a dû comm.encer par graver les coquilles, les os, la corne, les cailloux roulés par les fleuves ou ramassés sur la grève. En effet, les gemmes primitives de la Chaldée et de PAssyrie ont l'aspect
Fig. 13.
sphéroïdal et fusiforme des cailloux roulés: les formes cylindriques et conoïdes qui prévalent plus tard sont des perfectionnements. Les plus anciens cachets sont ornés de sujets fort vagues, traités avec une barbarie qui résiste à l'analyse : lignes qui s'entre-croisent, croissants lunaires, maisons dont la silhouette est indiquée par de simples traits, profils enfantins de quadrupèdes, d'oiseaux, de poissons, de reptiles. Et cependant la matière sur laquelle s'essaye le graveur est l'hématite, la stéatite, la diorite, de toutes les gemmes les plus tendres et les plus faciles à entamer à la
pointe '. Parmi les mieux caractérisés de ces informes et rudes essais, nous choisissons un cylindre en porphyre brun, sur le pourtour duquel se déroule une double scène (fig. i3). Unhom.me est debout, de profil, les Jambes comme des bâtonnets, le buste en tuyau godronné; sa tête n''est qu^une boule munie d'un bec d'oiseau et d'une triple aigrette; il paraît saisir par la tête un quadrupède monstrueux, au cou plus gros que le corps, les jambes repliées en dedans; des traits en faucille représentent les cornes. Dans l'autre groupe, deux personnages, l'un debout, l'autre assis, sont dessinés avec la même inexpérience.
Nous avons vu plus haut, par un autre exemple (fig. 2), comment les instruments indispensables au graveur, manipulés pour la première fois en Chaldée, avaient laissé les traces de leur action sur les cylindres primitifs. Ici, pour faire saisir sur le vif les progrès
de l'art, nous mettons sous les yeux du lec-
lindres d'agate qui représentent le même sujet, tout en appartenant à des époques
très éloignées (fig. 14 et i5). Un personnage divin.
muni de quatre ailes, est debout entre deux quadru-
I. Voir les planches I, IF, III et IV du Catalogue de la collection L. de Clercq.
Fig. 14.