I. Murray et King, Catal. of en grave d gems, n
lignes le mot AAAION, qui offre tous les caractères de Pauthenticité et n'est autre que le nom même de Fathlète. On a lu, par erreur, AAAION, et ce nom a été regardé comme une signature; mais on ne s'arrêta pas en si beau chemin, et le nom d'Allion, tantôt au nominatif, tantôt au génitif, fut gravé sur une quantité d'œuvres antiques ou modernes. C'est enfin à des supercheries ou à des erreurs de même nature que des noms tels que Action, Masinos, Admon, Nicomachos, Neisos, HcUen, Heios, Miron, Ammonios, Hermaiscos, Epitonos, Carpos, Pharnacos, Alpheos et nombre d'autres ont pris rang trop longtemps parmi les graveurs de l'antiquité'. Loin de nous la pensée de récriminer contre les artistes des derniers siècles, puisque toute idée de lucre et de tromperie était, dit-on, bannie de leur esprit; il n'en est pas moins vrai que leurs contrefaçons multipliées jettent la perturbation dans la critique des gemmes gravées. Si Natter a pu écrire que l'art de graver les pierres fines est le plus pénible de tous les arts, nous pouvons, à notre tour, sans crainte d'être contredit, affirmer que de toutes les branches de l'archéologie, l'étude des pierres gravées est, pour l'authenticité des monuments, la plus difficile et la plus délicate.
Gottfried Kraft, de Dantzig, fut le principal élève de Natter; connu à Rome sous le nom de // Tedesco, il se fit une certaine réputation vers 1760. Enfin, Jean
I. Voyez surtout A. Furtwaengler, Stiidien ûber die Gemmen mit Kunstlerinschriften , dans le lahrbuch des kais. deitt. archaeol. Instituts, 1888 et 1889.
LES XVIP ET XYIII-^ SIECLES. 297
Hug, de Neufchâtel,en Suisse, qui vivait vers le même temps, mérite aussi d^être mentionné ^
L'Angleterre, après avoir été longtemps tributaire du continent et avoir appelé les artistes étrangers, en produisit quelques-uns à son tour. Charles-Christian Reisen, fils d'un graveur danois, vint s'établir à Londres, où il mourut en Jy25, non sans avoir fait quelques élèves, au nombre desquels on cite Claus et Smart, les émules de Thomas Simon. Parmi les œuvres les plus remarquables de ce dernier figurent des portraits d'Olivier Cromwell et de lord Clarendon , premier ministre de Charles II. Comm,e presque tous les graveurs en pierres fines, Thomas Simon était aussi médailleur-. Nous verrons ses descendants, presque Jusqu'à nos jours, s'illustrer aussi dans la glyptique et la gravure en médailles.
Wray,de Salisbury, mort en 1770, signe ses œuvres en grec : OTPAIOZ. L'Écossais Seatonest signalécomme le plus grand graveur de Londres de son temps; on fait la même réputation à L. Marchant (1755 à 1812) qui signetantôt MARCHANT, tantôt MAPXANT€nOI€l. Citons encore les deux frères Charles et William Brown, Harris et R.-A. Burch, qui mourut en 1814.
En France, le xviii" siècle, et en particulier l'époque de M™*^ de Pompadour, pourrait s'appeler la période de splendeur de la glyptique moderne. Tout d'abord, des artistes de second plan, tels que les deux Maurice,
1. Sur tous ces artistes modernes, voyez surtout H. Bolzenthal, Ski^i^^en :^ur Kiinstgeschichte der modem Medaillen-Arbeit (1429-1840). Un vol. in-8°; Berlin, 1840.