VIC. 1\. PIÈCE TIRLK DE LA IVITI 01 Tl
Le Jeu de cartes d'I'alie.
Savons pas ici à rappeler les titres de ce grand artis'e dans Tordre pittoresque proprement dit. Les peinturw>
décoratives et les tableaux de sa main qui subsistent ont une célébrité universelle ; moins généralement connues peut-être , les estampes qu'il a laissées mérite-
FIC 25. MANTEGNA.
La Vierge et l'enfant Jésus.
raient la même renommée et justifieraient la même admiration.
L'œuvre gravé de Mantegna ne se compose que d'une
vingtaine de pièces, dont une moitié à peu près appar-
ue. SO. MAJTECNA
Fragment de l'estampe représentant un combat de dieux marins.
tient à la classe des sujets religieux, l'autre moitié à celle des sujets mythologiques ou historiques. Bien
qu'aucune de ces estampes ne porte la signature ou le monogramme du maître padouan, l'authenticité n'en saurait être mise en doute. Elle résulte manifestement des caractères tout particuliers du style et du travail, de cette précision dans le dessin à la fois énergique et fine, de cette rude élégance en quelque sorte dont nul parmi les contemporains n'aurait été capable d'empreindre aussi puissamment ses ouvrages. Tout ici, même ce qui s'y trouve d'imparfait ou d'excessif, tout atteste la volonté intraitable et le génie indépendant d'un maître. Il n'est pas jusqu'aux ornements architectoniques, jusqu'aux moindres objets inanimés, qui ne prennent sous le burin de Mantegna une apparence passionnée et comme frémissante. On dirait qu'après avoir étudié chaque partie de son sujet en érudit et en penseur, Mantegna, à l'heure où il la figure sur le métal, n'éprouve plus que l'impatience fiévreuse de la main, d'une main irritée par la lutte, par sa querelle avec le moyen.
Et cependant, même à ne les considérer qu'au point de vue du faire, des œuvres comme la Mise au tombeau ou comme le Triomphe de César attestent le talent d'un graveur bien autrement expérimenté déjà, bien mieux informé des vraies ressources de la gravure qu'on ne l'avait été jusqu'alors en Italie. Le burin de Mantegna, manié avec une fermeté qui n'est déjà plus de la sécheresse, n'imite pas encore les effets de la peinture, mais il imite du moins les travaux du crayon ou de la plume dans ce qu'ils ont de plus rapide en apparence et de plus hardi. Au lieu de se contenter, à l'exemple des graveurs florentins, de tailles espacées, timides, et soutenant à peine les contours, le maître procède par
masses d'ombre au moyen d'un grain plus serré; il cherche à exprimer, à indiquer au moins le modelé intérieur et ne se borne plus à tracer la silhouette des corps
F 1 G. Il8. MANTEGNA.
Jésus-Christ, saint André et saint Longin.
qu'il figure. En un mot, Mantegna graveur n'oublie pas sa science de peintre ; c'est là, outre la rare vigueur de l'imagination, ce qui le caractérise et ce qui lui assure
PREMIERS ESSAIS DE GRAVURE EN CREUX. bi
la première place parmi les maîtres italiens antérieurs à Marc-Antoine.
Mantegna eut bientôt de nombreux imitateurs. Les