PIO. <8. CORNEILLE V14ICH
Le Vendeur de mort aux r*:t.
neille Visscher un des premiers, et avec plus d'autorité qu'aucun de ses compatriotes, entreprit d'arrêter l'art
i++ • LA GRAVURE.
de la gravure au burin sur cette pente où il glissait rapidement vers la décadence.
Certes la plupart des scènes qu'a représente'es Visscher ne sont pas de nature à intéresser beaucoup l'imagination, encore moins à émouvoir le cœur. Il serait, j'en conviens, fort difficile de se sentir provoqué à quelque pensée philosophique ou poétique par le spectacle d'œuvres telles que la Fricasseuse ou le Vendeur de mort aux rats; mais ces œuvres inspirées par des sujets si humbles ou si vulgaires sont traitées avec un sentiment profond de la vérité, avec une science admirable des moyens techniques, avec une franchise et une fermeté qui suppléent à la beauté absente des idées ou des types. A ne les considérer qu'au point de vue de l'exécution, les planches dues à Corneille Visscher sont de véritables chefs-d'œuvre, des modèles excellents pour les graveurs et que ceux-ci, quel que soit le genre de leurs tâches, ne sauraient trop scrupuleusement étudier.
C'est aussi ce qu'on peut dire, dans un autre ordre d'art, des beaux portraits de Boccace, de VArétin, de Giorgion, gravés par le plus habile des élèves de Visscher, Corneille Van Dalen; c'est encore au même titre, malgré de très notables différences dans le faire, que les planches gravées par Jonas Suyderhoef d'après Terburg ou Théodore de Keyse, s'imposent à l'attention des artistes et des amateurs. Enfin, à côté de ces œuvres dans l'exécution desquelles la gravure à l'eau-forte n'est intervenue que comme moyen préparatoire ou même, quelquefois, n'a pas été employée, nombre de pièces entièrement gravées à la pointe , nombre d' ] eaux-forte s proprement dites forment un ensemble d'autant plus
l.A GRAVURE DANS LES PAYS-BAS. i*j
profitable à la gloire de l'école hollandaise qu'on n'en trouverait l'équivalent à aucune époque dans les écoles