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CHAPITRE VI

Les commencements de la gravure au burin et de la gravure a l'eau-forte en france et en angleterre. — Premiers essais de gravure en manière noire. — Coup d'œil sur létat de la gravure en Europe avant 1660.

Les Français Savaient pu se distinguer de bonne heure dans l'art de la gravure parce qu'il n'en était pas de leur pays comme de l'Italie, de l'Allemagne et des Pays-Bas, où la peinture florissait depuis longtemps. Si la série se poursuit sans interruption depuis le xnr3 siècle des belles œuvres produites en France par les architectes et par les sculpteurs, celle que forment les ouvrages de nos peintres n'a pas, à beaucoup près, une origine aussi ancienne ni une importance aussi continue. En dehors des verriers anonymes de nos cathédrales, des miniaturistes qui avaient précédé ou suivi Jean Fouquet, et de ces dessinateurs de crayons dont la manière a un charme si particulier et une originalité si délicate, nous ne pouvons, à vrai dire, nous glorifier d'aucun maître peintre antérieur à Jean Cousin. Gomment la gravure aurait-elle grandi au moment où la peinture naissait à peine ?

Dès le commencement du xvr8 siècle, il est vrai, et même un peu auparavant, la gravure en bois est pratiquée en France avec une certaine habileté. Les Danses macabres, traités de morale si fort en vogue à cette époque, les Livres d'heures ornés, d'autres recueils encore imprimés avec fleurons et figures, à Paris ou à

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Lyon, permettent déjà de pressentir les prochains chefsd'œuvre que feront paraître en ce genre Geofroy Tory, Jean Cousin lui-même et divers dessinateurs ou graveurs en bois appartenant au règne de François Ier ou à celui de Henri II ; mais la gravure au burin ou à l'eau-forte, telle qu'elle est pratiquée alors par des orfèvres comme Jean Duvet et Etienne Delaune, par des peintres de l'école de Fontainebleau comme René Boyvin et Geofroy Dumonstier, la gravure n'est encore qu'un moyen de populariser les imitations à outrance de la manière

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italienne. Les estampes de Nicolas Beatrizet, qui d'ail-

leurs avait été à Rome l'élève cf Agostino Musi, celles d'un autre, graveur lorrain dont le nom a été italianisé,

Niccolo délia Casa, semblent avoir pour objet unique d'ériger en doctrine l'esprit de contrefaçon et d'imposer aux graveurs français cette religion négative à laquelle nos peintres s'étaient si malheureusement laissé convertir sous l'influence des Italiens appelés par François Ier

Pendant tout le xvr siècle et au commencement du siècle suivant, l'école française de gravure n'avait donc ni méthode ni tendances qui lui fussent propres; et pourtant, la mode s'en mêlant, chacun se mit à manier le burin ou la pointe. A partir du règne de Henri II jusqu'à celui de LouisXIII, qui ne grava pasen France? Des orfèvres comme Pierre Woeiriot, des peintres comme

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