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SIG. 72. — ETIENNE DELAUNE

Miroir.

COMMENCEMENTS EN FRANCE ET EN ANGLETERRE. i6j

Claude Corneille et Jean de Gourmont, des architectes

comme Du Cerceau, des gentilshommes, des femmes même, — Georgette de Montenay entre autres, qui dédia

à la reine Jeanne d'Albret un recueil de devises et d'emblèmes, gravé, dit-on, au moins en partie par elle, — tout le monde prétendit creuser tant bien que mal le bois ou le cuivre. Encore une fois, les estampes de cette époque ne sont pour la plupart que des œuvres d'emprunt, des copies tantôt maigres, tantôt emphatiques, des modèles venus de l'étranger. Ce n'est qu'après une longue période de servitude que les graveurs français commencent à se soustraire au joug de l'art italien pour se créer une manière et constituer enfin une école. L'honneur de ce progrès, préparé d'ailleurs par deux graveurs de portraits et de pièces historiques, Thomas de Leu et Léonard Gaultier, appartient principalement à Jacques Callot.

Il y a dans l'histoire des arts des noms auxquels la popularité demeure invariablement attachée, parce qu'aux souvenirs des talents de l'homme quelque chose se mêle de l'intérêt qu'inspirent les héros de roman. Le nom de Callot est un de ceux-là. Seul peut-être entre tous les graveurs français *, le graveur de Nancy est encore aujourd'hui connu de la foule, et, si dignes de célébrité que soient ses ouvrages, on peut supposer qu'ils n'auraient pas suffi pour lui assurer cette renommée persistante; il y fallait l'appoint de certains souvenirs, de certains faits tout biographiques , — la fuite de Callot enfant, son voyage en compagnie des bohémiens, et les succès que sa bonne mine lui valut un peu plus tard au-

i. A l'époque où naquit Callot, la Lorraine, il est vrai, n'était pas encore réunie à la France, mais comme la prise de Nancy par l'armée royale eut lieu du vivant même du graveur, on a le droit de comprendre celui-ci parmi les artistes français.

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