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L ILLUSTRATION A PARIS ET A LYON

exemple, dans l'allégorie italianisante de Y Ancienne et La Nouvelle Alliance.

Le portrait équestre de Henry II, dans l 'Entrée du roi à Paris (1549), prend de sa fidélité et de sa sécheresse mêmes une distinction singulière. Mais une page surtout, par la conception, l’entente du développement, est absolument française et un pur chef-d’œuvre ; c’est François Ier écoutant la lecture que Macault lui fait de sa traduction de Diodore de Sicile (fig. 67). La Praxis criminorum persequendorwn, manuel d’instruction criminelle publié par Simon de Colines en 1541, présente des compositions qui, si elles ne sont pas de Tory avec certitude, offrent des tableaux de mœurs d’un haut intérêt.

Au-dessus de Tory, la place d’honneur parmi les illustrateurs appartiendrait à Jean Cousin, mais Je grand, universel et énigmatique artiste, s'il a dessiné sur bois, au moins à notre connaissance, a fort peu produit en ce genre. On ne peut lui attribuer avec certitude que les dessins du Livre de Perspective (1560) et du Livre de Portraiture , très importants pour la science et la pédagogie artistiques, mais qui, sauf une ou deux figures, n’ont qu’un intérêt esthétique secondaire.

On se priverait, au reste, de grandes joies, si l’on voulait s’en tenir aux seules images signées; parmi les pages tout à fait anonymes, il en est de premier ordre. Le frontispice où est représenté Christophe de Saviqny remettant son livre à Louis de Gonzague (1587) est un morceau complet de superbe ordonnance. L’édition française du Songe de Polyphile (1546), avec des planches entièrement regravées, offre un mérite tel qu’on en a attribué la paternité, sans aucune espèce de preuve, tour à tour à Jean Cousin et à Jean Goujon. Il est plus sage de ne point forger d’hypothèse et d’admirer simplement des compositions d’une élégance svelte et d’une aisance distinguée (fig. 68).

Deux petits livres enfin, les Figures de /’ Apocalypse (1547) et les Amours de Cupido et Psiché, mère de volupté (1546) présentent d’exquises A’ignettes et de jolis encadrements : ils nous ramènent à Lyon, où fleurit particulièrement alors l’illustration minuscule. La publication successive chez Trechsel des Simulachres de la mort (1538) et des Images de ! ancien Testament (1539) d’Holhein eut une influence capitale sur les imprimeurs lyonnais, qui firent des ouvrages de disposition typographique semblable, et sur leurs illustrateurs dont le plus connu est le Petit Bernard.

Bernard Salomon(1508?-1561 ?), dit le Petit Bernard, dépense en encadrements et vignettes une imagination souple et riche. Ses motifs déco-

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