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LE PETIT BERNARD

il leur prête à son tour, et Virgile Solis lui emprunte les 178 vignettes de son Ovide. Les Emblèmes d'Alciat (1547), les Quadrins historiques de la Bible (1553) et les Figures du nouveau Testament (même date), la Méta-

Fig. 69. — Le Petit Bernard. Page de la Métamorphose d’Ovide figurée (1557).

morphose d’Ovide figurée chez Jean de Tournes (1557) (fig. 69), sont les meilleures expressions du talent du Petit Bernard, dont les inventions défrayèrent aussi l'industrie lyonnaise, mobilier ou poterie1.

1 Natalis Rondot. L’art du meuble à Lyon, 1889.

LES ITALIANISANTS

III. — La France se mit tardivement à graver le cuivre, et les débuts n’en furent que plus pénibles ; les Français novices défendirent difficilement leur indépendance contre les suggestions de modèles trop parfaits.

Noël Garnier qui s’ingénia à copier Dürer ou Georges Pencz, le fit de la façon la plus pauvre ; il dépensa une imagination laborieuse à éditer un triste alphabet et ne nous intéresse que par quelques fantaisies grotesques à l’italienne [R. D. 49-51].

D’autres s’en allèrent vivre en Italie et se laissèrent enrôler par les maîtres italiens, au point de dépouiller leur carac tère national . Un Nicolas Délia Casa, qui métamorphosa jusqu’à son nom et traça un portrait de Henri II armé, un Étienne Dupérac (*J*

1601), auteur d’une suite des Ruines de Rome , ne nous appartiennent pas, non Fig. 70. — Jean de Gourmont. La Vierge. [U. D. G],

plus que le lorrain

Nicolas Beatrizet, fournisseur des éditeurs romains Salamanca et Lafreri, traducteur assez habile de Michel-Ange, de Bandinelli, de Giotto (la Navicella), portraitiste emphatique et médiocre, vulgarisateur des antiques, et que l’école de Mantoue aurait seule le droit de réclamer.

L’influence italienne fut mieux supportée par un groupe de petits maîtres qui combinèrent les leçons transalpines avec le goût lyonnais pour les vignettes. Sur des estampes minuscules ils représentaient de grandioses architectures à l’antique dans lesquelles apparaissaient, comme écrasés, des groupes lilliputiens. Le plus habile de ces artistes, un peintre, Jean de Gourmont, grava avec sécheresse, avec une insistance d’orfèvre, mais d’une technique très sûre, de jolies pièces [Christ à ta colonne , Adoration de C Agneau, Laocoon ), dont les plus achevées affectent une forme

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