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JEAN DUVET

ronde (fi g. 70). Moins doué, Claude Corneille de Lyon travailla dans le même goût. A côté de pièces religieuses, il publia, ainsi que les Allemands, des suites des Planètes, [R. D. 16-22] et des Vertus [R. D. 11-15].

11 faut rattacher à ce groupe un maître que pendant longtemps on avait gratuitement naturalisé italien : on l’appelait Cesare Reverdino, il se nommait, en réalité, Georges Reverdy. Pendant sa jeunesse, il avait été entraîné par les Italiens et ce sont ses productions, telle : Le frappement de Rocher (1531) [B. 2], qui trompèrent sur sa patrie véritable ; par la suite il se dégage et, dans une série nouvelle, il s’associe aux méthodes de Corneille et de Gourmont. Il compose alors un Jugement dernier [B. 15], vraie débauche anatomique, d’autres pièces où s’entassent colonnades, monuments en ruines, perspectives de pierre. Enfin un morceau unique, le Branle [B. 34], le révèle observateur curieux des mœurs et des joies des paysans.

La physionomie la plus originale parmi ces Français qui apprirent la technique auprès des Italiens est celle de Jean Duvet de Langres (1481après 1561). Orfèvre, chargé dans sa ville, à ce titre et comme dessinateur, de travaux importants, Duvet s’inspira des traditions de Mantegna et de Ghisi, soit qu’il ait séjourné en Italie, soit qu’il ait seulement médité les estampes mantouanes. Il se pénétra fortement des conceptions plastiques et des méditations du Yinci. Il emprunta à ses maîtres le goût pour les figures aux formes pleines, aux draperies flottantes et lâches, le dessin très arrêté, le modelé suggéré par des petites tailles légères et très courtes, mais il y ajouta un goût personnel de surcharge, un besoin de couvrir entièrement de travaux ses estampes, auxquelles il donnait volontiers une forme cintrée.

Les personnages se pressèrent, s’entassèrent dans ses compositions, associés à des décors exubérants et, comme son burin égal attribuait à toutes choses la même importance, on ne le regarde guère sans fatigue. Mais il faut surmonter cette impression et l’on découvre en Duvet une des imaginations les plus singulières qu’ artiste ait jamais eue. OEil de visionnaire : le corps humain, les costumes, les nuages, les objets immobiles se combinent pour lui en harmonies de lignes flexueuses d’une signification graphique singulière. Il se complaît à des rythmes étranges. De là, le caractère tout à fait exceptionnel de son œuvre ; pour trouver une vision analogue, il faut descendre jusqu’aux confins du xixe siècle; seules les hallucinations d’un Blake peuvent en être rapprochées.

Les draperies légères aux plis multiples qu’il affecte ont été retrouvées

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