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LES CAPRICES

L IMPRUNETA

[M. 617], il révéla aux autres, comme à lui-même, son aptitude extraordinaire à figurer sur des pages minuscules des perspectives et des foules immenses; il put aussi satisfaire son double goût pour l’élégance de la noblesse et les loques des vagabonds. Dans ces pièces, dans celles où il conservait la mise en scène de la tragédie de Soliman [M. 434-439]; il manifestait f aisance imperturbable, la sûreté de coup d’œil et d’exécution qui devaient désormais caractériser toute sa production. Parigi pouvait se glorifier d’un élève qui agençait si bien les ensembles etles enrichissait, avec une profusion inépuisable, de détails savoureux.

Callot, cependant, se pénétrait de Florence. Les Caprices [M. 768-867] qu’il dédia au grand-duc en 1617 et où, pour la première fois, il livrait libre cours à son imagination, évoquent gentilshommes, nobles dames, spadassins, mendiaifts, comédiens ambulants sur des places de village, paysans allant au travail. Derrière le personnage qui invariablement occupe le premier plan, sur une surface moins grande qu’une carte de visite de dame, on aperçoit rendus avec une fidélité et une tinesse infinies, le Ponte Vecchio, la place de la Seigneurie, l’Annunziata, le Dôme, des foules animées, des fêtes de quartier, un microcosme.

Trois ans plus tard, Callot signait une page célèbre, qui est, peutêtre, son chef-d’œuvre; Y Impruneta , la grande foire annuelle de Florence [M. 624]. Quand on a admiré la belle allure de cette estampe, il faut pour en mesurer la richesse, prendre une loupe, étudier un à un tous les groupes dont aucun ne se ressemble, aucun n’est insignifiant. D’après une tradition digne de créance, Callot, examinant sa planche, s’aperçut, au moment du tirage, qu’elle offrait en quelque coin un vide déplaisant et, tout de suite, il dessina sur le cuivre de nouveaux épisodes avec la même facilité qu’il eût fait sur le papier.

En 1622, après la mort de Cosme II, Callot quitta l’Italie; il s’établit d’abord en Lorraine. Il était encore tout lianté de ses souvenirs florentins, et c’est à Nancy qu’il grava la malencontreuse série des Gobbi [M. 747-767], dessinés depuis plusieurs années, et qu’il publia la suite exquise des Balli [M. 641-654] où survivent les acteurs de la commedia deCartey pages qu’il est inutile de décrire, puisqu’elles sont présentes à toute mémoire cultivée1 (fig. 74).

A partir de ce moment, la production de Callot change de caractère : après une dernière et brillante suite : les Combats de la Barrière (1627)

Il -avait déjà représenté les Pantalons [M. 626-629]

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