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JEAN PESNE

mythologie, la fable, l’histoire profane l’inspirent mieux encore. Il a des pièces de forme longue, dessinées selon une pensée décorative, où s’expriment un amour, une intelligence rares de la poésie antique, une pensée quasi-prudhonienne, en même temps qu’une inépuisable fantaisie. La vie du Satyre (fig. 79), les Bacchanales sont des pages d’anthologie et les allégories des Arts sont des joyaux plus précieux encore.

Ce sujet des Bacchanales, qui devait fournir à l’Italie du xyii6 et du xviil6 siècle de si succulentes fantaisies, fut l’objet d’un album remarquable : Recueil de diverses Bacchanales de Poussin, Ckapron , Dorigny, où apparaît surtout la verve large, incorrecte et grasse de N. Chapron (1599- ?).

VI. — On sait que nombreux furent les artistes français établis à Rome dans la première partie du xvne siècle. Poussin et Claude Lorrain, la gloire de notre école, vécurent loin de la France et nous n’aurions pas le droit de les revendiquer, s’ils n’avaient, en présence d’une nature, d’une société et d’une tradition d’art étrangères, sauvegardé leur tempérament national.

Poussin n’a pas, lui-même, gravé, mais il a immédiatement suscité une pléiade d’interprètes. Le premier en date et, sans contestation, le plus fidèle fut Jean Pesne (1623 ? - 1 7 0 0 ) . Contemporain du maître, attiré vers lui par une affinité de tempérament, Jean Pesne, qui consacra à Poussin la meilleure partie de son activité, eut, de cette pensée repliée «et hautaine, une intelligence complète. Les procédés dont il se servit ont quelque chose de paradoxal : la pointe joue le plus grand rôle et c’est un travail peiné, sale, sans méthode apparente, mais les estampes fatiguées et moroses ont gardé lame dont, parla suite, les burins les plus .savants n’ont pas su fixer une parcelle. Exemptes de toute correction extérieure, elles attestent jusqu’à quel point l’auteur des Sept sacrements et du Testament d’ Endamidas fut éloigné de l’académisme.

Beau-frère et admirateur enthousiaste de Poussin, le Guaspre (1613?- 1675) a tracé à l’eau-forte quelques paysages historiques; des grands arbres les dominent, ils sont animés de petits personnages indéterminés, les horizons sont très légèrement indiqués; on a dit, et l’éloge paraît un peu fort, que Poussin, s’il eût gravé, n’aurait pas procédé autrement. De Francisque Millet (1643 ?-l 680) on connaît trois paysages mordus sans délicatesse.

D’une inspiration bien différente, beaucoup moins affranchies des exem-

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