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LES TRADUCTEURS DE CHARDIN, DE JOSEPH VERNET

Le nom de De Launay (1739-1792) nous le retrouvons à l’angle des estampes les plus connues, les plus hardies de Lavreince, le Billet doux, Y Heureux moment , Qu en dit V Abbé ; du Petit Jour de Freudeberg. lia fixé quatre grands succès de Baudouin : Le Carquois épuisé, les soins tardifs, Y Épouse indiscrète (1770), et la Sentinelle en défaut . Mais le chefd’œuvre de Baudouin lui a échappé et c’est Moreau le jeune qui a fait l’eau-forte du Coucher de la mariée (1764), que Simone!, a achevée au burin.

Heureux ceux qui goûtèrent sans trouble ces pages apparues presque toutes dans les dernières années du règne de Louis XY, au cours de la guerre de Sept ans ou sous le Triumvirat ; heureux surtout s’ils ne connurent pas le réveil terrible de 1789.

J’imagine que, dès ce moment, certains magistrats jansénistes, bourgeois moroses ou sectateurs des philosophes, étaient moins sensibles à la vivacité du dessin, à la subtilité de l’interprétation, qu’effarouchés par le caractère libre des sujets. S’ils les admiraient à la dérobée, ils ne les accrochaient pas dans leurs appartements, non plus que la suite des contes de La Fontaine gravés d’après Lancret par Larmessin.

Pour ceux-là, Lépicié (1698-1755) avait, quelques années auparavant, gravé plusieurs estampes d’après Chardin : la Gouvernante (1739), la Mère laborieuse ai le Maître d'école en 1740, la Ratisseuse et le Toton en 1742, le Bénédicité et le Souffleur en 1744, le Château de cartes; pages d’une facture plus forte où le burin a une part plus essentielle et paraît parfois un peu dur, mais dont les meilleures gardent bien le génie des originaux.

Aux amateurs de Joseph Vernet, Balechou offrait les Baigneuses , le Calme et la Tempête (1757), pages prestigieuses, d’une science technique extraordinaire; Le Bas (1707-1783) la suite des Ports de France.

Greuze, jaloux de sa gloire et de ses intérêts, suivait de près le travail de ses interprètes : il faisait peu de cas, et combien il avait raison, de la régularité des travaux, pourvu que le caractère de l’œuvre fût rendu1. On assure qu’il retouchait parfois lui-même le cuivre; il se faisait, avec la vente des estampes, de considérables revenus. Il avait confié à Flipart

1 II y eut précisément autour d’une estampe de Flipart d’après Greuze une polémique intéressante entre les graveurs Flipart et Gaucher. Gaucher s’y montrait partisan de la belle taille et la brillante facture; Flipart, plus d’accord avec son temps, ne visait point à la gloire d’un burin séduisant : « Son attention, écrivait un de ses défenseurs, est de bien saisir et d'exécuter. » On a, dès le xvvv siècle, accusé de la décadence du burin Le Bas, qui n’a fait que suivre un coprant général.

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