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MARIETTE

un jour, pour faciliter les expéditions, de relier les estampes qu’il publie ■en recueils factices, et le nombre en est tel que, de 1760 à 1779, il publie Liinsi cinq Recueils de cent estampes et un de cent cinquante. C’est lui qui a l’idée du Cabinet Chois eut, qu’il édite en 1771-1772. Avec Le Mire il lance la merveilleuse publication des Métamorphoses d'Ovide . Entre temps, il dirige des ventes, rédige avec soin des catalogues, vend les collections de Mariette, celle de Wille (1784), inaugure pour la vente Neyman (1776) le catalogue illustré. D’ailleurs il vend tableaux, bibelots; -selon le mot de Choiseul, « c’est le maréchal de Saxe de la curiosité ». Il trouve enfin le temps d’écrire un Dictionnaire des graveurs .

Parmi les clients de Basan, on voyait, sans doute, des amateurs de goût peu difficile ; d’autres, au contraire, prétendaient raffiner, et les marchands ne se faisaient pas faute de leur proposer des épreuves d’état, des épreuves d’artistes avec remarques dans la marge *, des épreuves sur papier luxueux et cette mode, qui était assez récente, provoquait quelques railleries. Des iconopliiles constituaient avec passion des ■collections admirables2, et le plus célèbre d’entre eux, Mariette, était un ami de Basan.

J. -B. Mariette (1694-1774) était fils et petit-fils de marchands d’estampes. Dès l’âge de vingt ans, il se mit à voyager à travers l’Europe ; visita l’Allemagne, séjourna à Vienne, où il classa la collection impériale, traversa l'Italie et revint, ayant fortifié son goût et s’étant lié avec des hommes distingués avec lesquels il entretint désormais une correspondance érudite incessante. Ami de Crozat, intime de Caylus, recherché de toutes parts, Mariette, qui publia quelques écrits distingués, avait fait interfolier un exemplaire de Y Abecedario pittorico du P. Orlandi ; il le couvrit d’annotations, fruit de recherches patientes, dirigées avec une sagacité extrême. Métamorphosé par lui, Y Abecedario a été publié, il y a peu d’années, parles soins de la Société de l’Histoire de l’Art français ; mais, longtemps avant cette publication, tous les écrivains d’art en avaient consulté le manuscrit. Mariette est un guide d’une sagacité presque impeccable; il a conservé des milliers de faits, rectifié d’innombrables erreurs : c’est une des meilleures gloires de l’érudition française.

11 avait constitué une merveilleuse collection, qui fut dispersée après

1 Les Lettres d'un voyageur à Paris à son ami Sir Charles Lowers (1779) citées par Portalis ■et Béraldi, op. cit., III, p. 50-51 et une Lettre d'un amateur à l'auteur du Mercure de France , (citée dans le même ouvrage, II, p. 191-193) contiennent à ce sujet des réflexions amusantes.

2 Sur les ventes d’estampes consulter les pages consacrées par Portalis et Béraldi [op. cit. J, p. 643 sqq) au graveur marchand Daudet (1737-1824).

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