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DEBUCOURT

d’une exécution presque plate : X Amour surpris, les Espiègles d’après Schall et une suite de la Vie de /’ Enfant prodigue, triste de correction affectée, de dignité guindée.

Debucourt (1755 1832) débuta, comme peintre en 1781, et n’a guère abordé la gravure en couleurs avant 1785. Cette année-là, David, célèbre depuis Bélisaire (1781), donnait le sceau à son autorité par les Iloraces. Comment Debucourt ne fut-ilpas entraîné par le courant du jour ? C'est que, sans doute, la victoire des Davidiens n’était pas encore complète. Malgré leur succès, malgré les prédications vertueuses dont Diderot avait accablé Boucher et Baudouin, l’esprit de galanterie ou de libertinage n’était pas mort : la date des estampes de Janinet que nous rappelions à l’instant en fait foi. Debucourt n’avait pas des sentiment rigoristes ; de plus il avait, avec le goût de l’observation directe, une tendance à l’exagération, à la charge, tendance qu’il a souvent refrénée, à laquelle il a parfois livré libre cours, et cette verve satirique s’accommodait mal des principes davidiens.

Dès 1786, Debucourt prend parmi les graveurs en couleur la suprématie avec cette page célèbre et exquise : le Menuet de la mariée . Sujet d’opéra-comique, développement d’opérette; que de science à agencer cette scène, quel humour à définir ces personnages, que d'invention dans ce paysage de fantaisie ! Tout cela dit avec tant de justesse, de tact, d’à-propos. Cette pièce magistrale et la Noce au château, qui vint en 1789 lui faire pendant, suffiraient à la gloire de leur auteur.

Qu’une foule bariolée, brillante et, en grande partie, suspecte, flâneurs, désœuvrés, officiers, jeunes gens et jeunes femmes à la mode, marchandes à la toilette, étrangers en bonne fortune et chevaliers d’industrie se promènent dans la Galerie du Palais-Royal (1787), Debucourt y donne tout ce qu’il a d’esprit, de talent, de personnalité. Son chefd’œuvre, un des chefs-d’œuvre delà gravure française, il le signe en 1792 : c’est la Promenade publique.

Ce jardin du Palais-Royal, naguère Camille Desmoulins y soulevait la Révolution ; dans quelques jours, le 20 juin et le 10 août y feront le vide, mais, entre ces deux orages, la foule y circule plus brillante, plus animée, plus frivole qu’en 1787 ; sous les marronniers épanouis, muscadins et merveilleuses goûtent des joies fiévreuses et éphémères et l’on remarque, dit-on, parmi les plus évaporés le duc de Chartres. La facture un peu outrée, un peu acide, s’accorde avec la pensée.

Déjà pourtant, Debucourt a sacrifié à la Révolution, il a publié à la

Fig. 105. — Descourtis. La foire de village, d’après Taunay (réduit)

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