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LA MANIERE NOIRE EN ANGLETERRE

nationalité anglaise, W. Faithorne (1616?-1691), fut un buriniste influencé d'abord parles disciples de Rubens, puis, à la suite d’un voyage en France, par les leçons de R. Nanteuil. Très inégal, Faithorne produisit quelques, portraits d’un accent vigoureux tel celui de Christine de Suède , tels encore ceux de W. Paston (1659) de Georges Watson ou de John Pordage. Il serait malaisé, cependant, de relever dans son oeuvre un caractère national, sauf, peut-être, la tendance à assombrir l'estampe et à côtoyer la manière noire. A Faithorne succédèrent d’autres portraitistes, artistes médiocres.

Y. — Somme toute, lorsque la manière noire fut introduite en Angleterre, elle trouva le champ à peu près libre.

A ces circonstances propices se joignirent des raisons de succès plus durables. Le- séjour de Van Dyck à Londres avait fait naître chez les Anglais le goût des effets colorés et l’indifférence pour le dessin précis et la ligne. Ces dispositions furent fortifiées par les portraitistes à la mode, Peter Lely ou G. Kneller. Elles dominèrent dans la seconde partie du xvme siècle avec Reynolds et Gainsborough, pour s’exaspérer encore au début du xix6 siècle avec Lawrence.

La manière noire répondit parfaitement à de telles tendances. Impuissante à rendre la correction ou la finesse d’un dessin sévère, elle offrait la gamme de tons la plus ample et la plus souple pour traduire les oppositions violentes ou les nuances délicates. Dans ses prédilections et dans ses lacunes, elle incarna le goût anglais. Le triomphe de la manière noire ne fut pourtant pas une explosion soudaine. Elles s’achemina par étapes vers l'hégémonie.

Après le prince Rupert, qui fit connaître le procédé nouveau aux Anglais, l’historien John Evelyn qui en fit l'essai pour en mieux pénétrer la nature et W. Sherwin qui grava un portrait de Charles II en 1669, ce furent d'abord des Hollandais qui exploitèrent à Londres la manière noire. Gérard Yalck y travailla un an (1672-73). Ab. Blootelingh y séjourna plusieurs années, reproduisant compositions et portraits, surtout d’après Yan Dyck et Peter Lely. Yerkolje (1650 ?-l 693) publia des pièces souvent fort habiles. Quelques années plus tard, un Français, Jean Simon (1675-1755), passait en Angleterre vers 1710 et y donnait des estampes d'après les maîtres italiens.

Mais, dès ce moment, les Anglais étaient entrés en lice. Bernard Lens (1659-1725) éditait un nombre considérable de pièces tantôt mé-

Fig. 112. — Va tontine Green. Cynthia, d’après Maria Gosway (très réduit).

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