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LES CARRACHE ET LEUR INFLUENCE

riches clients, des armoiries, application modeste de son art où il déploya le goût du faste et une ingénieuse fantaisie. Deux scènes de ballets {les Théâtres) [B. 121, 122] d’une vivacité piquante, font regretter qu’il n’ait pas multiplié de tels délassements. Quelques pièces trop rares, un Chien dessiné d’après nature, montrent ce qu’on eût pu attendre d’un tel maître, s’il eût nourri son génie à la réalité.

Le burin, sous la main d’Augustin Carrache, renonça aux tailles régulières, lentes et mesurées, de Marc-Antoine ; il dédaigna la sérénité, pour viser à la souplesse et à l’effet. Imitant la liberté de l’eau-forte, dont il devait désormais souvent emprunter le concours, il varia les tailles pour dire la morbidezza des chairs, pour enfler les draperies, suggérer le relief, conquérir un éclat toujours factice, trop souvent métallique. Ce métier, libre, sans règles précises, dont le Saint Jérôme [B. 75], testament artistique d’A. Carrache, montrait la portée, se prêtait malheureusement aux improvisations sans sincérité, aux hardiesses factices des praticiens médiocres.

Louis Carrache grava peu de pièces, mais il le fit avec une vraie maîtrise'. Annihal (1560-1609) en exécuta une quinzaine, avec une variété d’allures et de procédés bien remarquables et signa une page savoureuse : le Christ de Caprarola [B. 4] d’une tenue magnifique et d’une aisance de touche que n’eût pas dépassée l’eau-forte.

Puis vint la légion des disciples, plus ou moins doués, mais tous également féconds et également pressés, les Brizzio (1575-1623), les Capriola, Lucas Ciamberlano, Luigi Yalesio (1561-1640) Fran. Villamena, Hier. Olgiati, près desquels se rangèrent des français, Thomassin, B. Loye, pléiade à laquelle s’ajoutèrent par la suite les Gatti, les Carlo Cesio, les Mitelli (1634-1718).

Ces artistes travaillaient pour le compte de marchands de gravures groupés à Borne : le comtois Lafreri, l’espagnol Salamanca, le français Thomassin, et publièrent « avec la permission des Supérieurs » d’innombrables planches de sainteté.

VI.— Au cours du xvie siècle, la gravure en bois s’enrichit de formes imprévues et prit une vitalité sans précédent.

On commença à pratiquer la gravure en clair-obscur ou en camaïeu. C’était une remarquable application du bois, le premier essai de superpo-

Citons une Habite Famille [B. 4] très libre et très large.

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