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PERSISTANCE DE L ECOLE DE BERVIC

P. -A. Tardieu avait un tempérament tout différent. Le portrait pimpant qu'il grava en 1792 de Lvof Nicof d’après un original de Levitzky, montre ce qu'il aurait pu faire en d'autres temps. Soumis à l'esthétique davidienne, il eut du moins le scrupule de dissimuler sa science et, dans ses planches les plus achevées, Saint Michel terrassant le démon (1806) ou la Communion de saint Jérôme (1822), le travail ne s'étale pas. Le Napoléon qu’il a donné au Livre du Sacre est un chef-d'œuvre de finesse. Plus que Bervic il a le souci de laisser de larges blancs et fait jouer au papier le rôle qui lui convient.

Boucher-Desnoyers, son éléve, a hérité d'une partie de ses formules. Son travail, quelque peu mou et fade, parut hardi à ses contemporains. La Belle Jardinière (1805) la Vierge à la chaise , la Vierge de la maison cV Alhe (1827) furent considérées comme des transcriptions parfaites et neuves.

Richomme (1785-1849) qui s'attacha aussi à Raphaël a, peut-être, moins vieilli.

Les estampes de cette époque furent tirées sur des papiers très différents d'aspect de ceux dont on s'était servi jusqu'alors. Ces papiers, obtenus par des procédés chimiques, avaient une pâte grasse, une blancheur, un éclat inaccoutumés. Ils exercèrent une séduction que nous ne saurions trop déplorer, puisque, incapables de résister au temps, piqués, tachés et salis, ils ont une décrépitude précoce, et sont menacés de brève disparition.

Lorsque le Davidisme fut ébranlé, les principes étroits de Bervic perdirent de leur autorité. Il subsista pourtant des artistes épris de netteté, sensibles uniquement à la correction des lignes, qui s'imposèrent volontairement une discipline rigide et froide. François Forster 1790-1872) manifesta une conscience méticuleuse, multipliant à l’infini les épreuves d’essai, publiant des estampes impeccables et glaciales. Tel il s'était manifesté en 1826, dans François F1 et Charles-Quint d'après Gros, tel il resta jusqu'à la fin de sa carrière, immuable. Énée et Didon 1828), la Vierge au bas-relief (1835), la Vierge de la maison d'Orléans 1838),/ les Trois grâces (1841), la Vierge ci la légende (1847) affirmèrent la persistance du beau burin aux tailles régulières correctement menées et croisées. Ses portraits ( Frédéric-Guillaume III (1817 — Wellington (1818) — Victoria (1846) témoignèrent les mêmes préoccupations. Il ne sut être pittoresque que pour reproduire quelques camées, ce qu’il fit, au reste, d'une façon remarquable.

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