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INFLUENCE DE GAILLARD

souci, qui ne se démentit jamais, de subordonner la technique à l’esprit.

Gaillard a eu d’excellents élèves directs : Fr. Burney (1845-1907) ou Tiburce de Mare (1840-1900), mais son action bienfaisante a dépassé son atelier et a été extrêmement étendue. Les élèves de l’école des Beaux- Arts, habitués par Henriquel à la souplesse de l’outil, ont été amenés par son contact a plus d’exigence envers eux-mêmes, à plus de sincérité. Son influence évidente se retrouve dans le Triptyque de Mantegna de M. Achille Jacquet, dans la Procession des Rois Mages de Benozzo Gozzoli deM. Patricot.

Dès la fin du deuxième Empire l’évolution se marqua chez les burinistes. Emile Bousseaux (1831-1874), dont la carrière fut trop brève, grava une fois encore, un tableau de Delaroche, la Martyre Chrétienne . Mais la vogue de Delaroche touchait à son déclin et l’on se rejeta sur les œuvres anciennes, de plus en plus demandées par un public mieux instruit de l’histoire de Fart. Bousseaux, qui avait gravé le Portrait de Francia (1867), acheva, avant de mourir la Marquise de Sévigné d’après un pastel de Nanteuil (1874), morceau de premier ordre. Ad. Huot (1840-1882), dont la vie fut encore plus courte, signait cette même année 1874 une belle pièce, le Jugement du Prix de T Arc, d’après Yan der Helst. En même temps il demandait aux maîtres contemporains de tempérament classique ou académique des modèles que Delaroche ne fournissait plus et traduisait MM. Hébert, Jules Lefebvre ou Cabanel, avec un sentiment de l’effet et de la couleur un peu plus vif que chez ses émules.

MM. Adrien Didier, Levasseur ont connu les mêmes enseignements, et les mêmes ambiances. Pareilles influences agissent sur MM. Jules et Achille Jacquet. Tous deux ont traduit les marbres contemporains : M. Jules Jacquet (1841) le Gloria Viclis de M. Mercié et la Jeunesse de Chapu, Achille Jacquet (1846-1908), le Courage militaire de Paul Dubois. Ils ont interprété des maîtres anciens, l’aîné les Muses de Le Sueur, le cadet VE ce et la Sainte Catherine du Sodoma, avant la triple planche sensationnelle d’après Mantegna et la Pieta de Villeneuve d’Avignon. Ils se sont mis au service de Paul Baudry, de Cabanel, de Bougererau. Tous deux enfin ont été entraînés par Meissonier à l’eau-forte.

M. Léopold Flameng (1831), élève de Calamatta, au milieu d’innombrables travaux à l’eau-forte, a trouvé les loisirs et la sérénité nécessaires pour signer des pages achevées : la Source d’après Ingres (1863), la Mort de sainte Geneviève d’après J. -P. Laurens (1886), Y Adoration des Bergers d’après Yan der Goes et la Vierge du chancelier Rollin d’après Yan Eyck.

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