LE LAVIS
lavis et la lithographie, puis le bois et l’eau-forte. Nous les examinerons dans l’ordre de leur apparition.
IV. — Le lavis a été employé par un petit nombre d’artistes, il a eu un succès populaire et a été discrédité rapidement par l’abus qui en a été fait. C’est Debucourt qui en a transmis la recette au xixe siècle. L’auteur de la Promenade du Palais Royal et du Menuet de la mariée , frappé de stérilité dès la Révolution française, n’a plus été dans la seconde partie de sa longue carrière qu’un manœuvre occupé à des besognes, allant vite et sans scrupule esthétique. Ses lavis, modelés sans consistance, incorrects, avec des lumières semblables à des rehauts de gouache, sonnent creux. Insupportable quand il s’adresse à des originaux aux prétentions académiques, il réussit mieux pour traduire la verve grêle de Carie Vernet. Scènes de courses, estampes hippiques aguichent un public peu difficile. La Mort de Poniatowski d’après Horace Yernet a été, sans doute, la gravure la plus populaire du siècle ; succès dans lequel l’art entre pour peu de chose.
Jazet (1788-1871?), neveu de Debucourt, sembla au début destiné à réhabiliter le procédé. Le lavis plus serré, plus étoffé, se rapprochait de la manière noire anglaise et luttait avec elle, moins chaud et plus léger. La Mort d’ Epaminondas d’après West, le Bivouac de cosaques d’après Swebach, Y Apothéose de Napoléon d’après Horace Yernet (1830), Lassalle d’après Gros, parmi d’autres pièces, soutenaient un examen critique. Yinrent ensuite des pages innombrables produites précipitamment sur les instances des éditeurs, reçues avec empressement par une clientèle qui réclamait des anecdotes, des faits militaires, la glorification de Napoléon, de la Grande Armée ou le bulletin delà guerre d’Afrique, et que ravissait la transcription, quelle qu’elle fût des procès-verbaux d’Horace Yernet. L’aquatinte ne s’est jamais relevée de cette chute.
Y. — La lithographie a été essentiellement un mode d’expression pour des pensées originales et c’est en suivant les artistes créateurs qu’il convient d’en étudier l’évolution. Toutefois, assez rapidement on devina les ressources qu’elle pouvait offrir à des traducteurs. Avant 1823, un élève de Girodet, Aubry Lecomte (1797-1838), appliquait aux œuvres de son maître l’invention nouvelle. 11 demandait à la pierre un modelé très, doux, vaporeux, de la suavité. Il exprima l’élégance fade et sans accent de Girodet, traduisit avec succès Prudhon, sans faire oublier Copia ni Roger. Mais il eut le tort d'imaginer que la lithographie pouvait lutter