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ÉCLAT DE L'EAU-FORTE

sal, et il s'agit de pages dont un très grand nombre sont de premier ordre, qui presque toutes sont remarquables et dont pas une ne trahit la rapidité

Fig. 144. — Waltner. Rembrandt. [Bér. 5]. (Avec l'autorisation de MM. Manzi, Jovant et Cie).

avec laquelle toutes ont été nécessairement exécutées. Il faut supposer ici une décision de coup d'œil, une sûreté de mains qu'aucune époque n’a présentées au même degré. On remarquera aussi la parenté qui rapproche tous

l'impression des eaux-fortes

les artistes, donne à leurs travaux un caractère homogène et constitue, dans le meilleur sens du mot, une école, c'est-à-dire une réunion d'individus pourvus d'un métier analogue et conservant néanmoins leur personnalité.

L'examen des œuvres auxquelles s'est appliquée cette activité intense révélerait moins le goût des artistes que celui du public auquel ils s’adressaient. Comme jamais époque ne fut moins exclusive que la nôtre, il n’est point de tendance, ni d’école qu'ils n’aient tour à tour servies. Cependant, parmi les peintres du passé, ils ont plus souvent traduit les Hollandais et surtout Rembrandt; sans doute parce que la vogue dé ces maîtres répondait mieux aux ressources de leur art. Parmi les contemporains, ils ont manifesté une prédilection et une aptitude particulières pour les paysagistes et avant tout pour Corot; ils ont traduit les romantiques et Delacroix; ils se sont associés à la fortune prodigieuse de Millet ou de Meissonier. Leur œuvre révèle l'engouement éphémère dont bénéficia Munkaczy. Ils ont quelquefois été occupés par des maîtres moins authentiques et ont appliqué des soins excessifs à des originaux indignes, mais soutenus par la mode. Enfin, comme les Anglais ont manifesté une admiration très vive pour leurs travaux et leur ont fait d'importantes commandes, très souvent ils ont traduit des artistes britanniques.

Plusieurs tendances se sont manifestées. La première et la plus répandue a été de chercher à produire avec la plus grande intensité possible les contrastes violents de tons qu’autorise l'eau-forte. Les graveurs y étaient entraînés par l'engouement du public, qui réclamait des images accentuées. Leur impatience y trouvait son compte, car il était plus facile et plus expéditif de plaquer des noirs que de modeler à l’aide des travaux serrés. Ils furent secondés par des imprimeurs admirables.

L'art de l'impression des eaux-fortes s’était en effet métamorphosé. Jusque vers 1850 on avait grand soin, après avoir encré la planche, de l’essuyer de telle façon qu'il ne restât d’encre que dans les tailles. On prit l'habitude, depuis lors, d'essuyer d’une façon moins complète, de varier l’encrage. On put obtenir d'une même planche des épreuves d'aspect très divers. Un graveur amateur, le baronLepic, se vantait d'avoir, d'un seul cuivre, obtenu par des tirages savamment dosés quatre-vingt-cinq effets différents. Désormais le tirage devint une opération capitale, et lorsque l’artiste ne le pratiqua pas lui-même, il y eut au moins collaboration étroite et nécessaire entre lui et l'imprimeur. Les Cadart, les Delâtre, les Ardail, les Porcabeuf et leurs confrères, ont eu ainsi une part essentielle au développement de l’eau-forte comtemporaine.

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