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DISCRÉDIT DE LA LITHOGRAPHIE

légères, ses lithographies, tracées d’un crayon rapide, décisif, élégant1, séduisent comme d’aimables choses, et reflètent d’admirables dons. On sait qu’après un voyage en Angleterre où son caractère parut transformé, Gavarni, devenu misanthrope, termina sa carrière artistique par les Propos de Thomas Vireloque,

Gavarni eut des émules, des séides. Edouard de Beaumont (1821-1884) reprit les mêmes thèmes avec une facilité superficielle ; Charles Vernier resta très loin de son modèle. F. Bouchot manifesta de la personnalité et de la vigueur.

Pourquoi, malgré tant d’illustres exemples, la lithographie, vers le milieu du siècle, fut-elle frappée de discrédit et cessa-t-elle d’être le langage des artistes originaux?

C’est sans doute, que nul ne soupçonnait alors l’importance de Charlet, de RaffeL de Daumier ou de Gavarni. Les grands romantiques avaient renoncé à la pierre lithographique; d’autres la compromettaient par l’usage qu’ils en faisaient. De Lemud, après ses premiers succès, composait de grandes pages plates et fades. Devéria gaspillait son talent. Grévedon (1782-1860) faisait un usage lamentable de qualités réelles et composait une interminable galerie de bustes d’actrices ou de têtes de fantaisie, destinées à un public peu soucieux d’esthétique. C’avait été, au début, un luxe rare que d’orner d’une lithographie la couverture d’une romance et, maintenant que l’usage en était généralisé, on était fatigué par la fadeur monotone de ces images. Le portrait lithographié, malgré de très beaux morceaux dont quelques-uns furent signés par Jean Gigoux (1806-1894), était tombé dans l’industrie et n’avait pas plus de valeur qu’ aujourd’hui une photographie.

Une technique ronde, molle, sans accent, avait tout envahi. Le beau grain des lithographes de traduction était devenu l’idéal nécessaire. Les imprimeurs et les artistes se plaignaient d’un matériel encombrant. Il y avait lassitude. Enfin et surtout, l’eau-forte ressuscitée avait inauguré son règne.

V. — La rénovation de l’eau-forte s’accomplit dans des conditions qui n’ont pas été complètement élucidées. On gravait encore à l’eau-forte sous la Révolution. Ensuite cet art disparaît. En 1816, Ingres grave à Rome le portrait de l’archevêque de Besançon M. de Pressigny , page

Après 1843, Gavarni se servit aussi de l’estompe pour nourrir les ombres.

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