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RENAISSANCE DE L’EAU-FORTE

magistrale tracée avec sûreté d’une pointe simple, sèche, décisive, du travaille plus libre, page unique malheureusement. Géricault, infidèle un seul jour à la lithographie, esquisse sur cuivre un Gros cheval gris pommelé, Prudhon, Europe sur le taureau. En 1828, Bonington grave une Vue de Bologne et une Vue de Vérone , il dessine quelques vernis mous. Ces pages éparses nous conduisent jusqu’aux approches de 1830.

Cependant les graveurs à l’aquatinte faisaient des préparations à l’eauforte; les graveurs au burin, avec Henriquel Dupont, commençaient à systématiser un pareil usage et Henriquel, lui-même, en 1827, signait le portrait de Desenne à l’eau-forte d’après Mourlan. Enfin les vignettistes, survivants du xvmc siècle, rie pouvaient oublier complètement le métier où ils avaient excellé.

C’est par l’illustration, que reparut l’eau-forte. Les vignettes gravées par Tony Johannot pour l’édition de Fenirnore Cooper (1829-1832), celles qu’il publie dans Y Artiste en 1831 ( Scène de la Vendée) et en 1832 (les Derniers moments , une Scène de 93 A), sont, avec les frontispices romantiques de Gélestin Nanteuil, les premières manifestations du renouveau. Entre Johannot et Nanteuil, d’ailleurs une très grande différence : Johannot s’efforce d’imiter les gravures anglaises sur acier; Nanteuil, au contraire, dès les premiers pas, traite beau-forte pour elle-même, avec un vif sentiment de ses ressources.

Au même moment, Frédéric Villot (1809-1878) publiait, en 1831, des Essais et études et T eau-forte, puis des souvenirs vénitiens. Villot était lié intimement avec Delacroix et l’intéressait à ses travaux. Delacroix, longtemps auparavant, en 1814, avait jeté sur le cuivre un croquis informe ; il avait, en 1810, gravé, dans le genre anglais, une caricature : Troupe anglaise , destinée au coloriage, puis, il avait essayé de l’aquatinte. Entraîné par son ami, aidé par lui pour les manipulations techniques dans une mesure qu’il est impossible de préciser, il traçait en 1833 un portrait de Mme Villot et une série de six pièces qui demeurèrent inédites jusqu’au lendemain de sa mort. Parmi ces pages, à côté d’une aquatinte vigoureuse, le Forgeron [A. Moreau. 21], deux, tout au moins, inspirées par le souvenir tout récent de l’Afrique : des Juives dé Alger [A.M. 19] et des Arabes [A.M. 23] sont de grande beauté. Delacroix, pourtant, ne persévéra pas. Un croquis pour le Musée en 1834, en 1846 un Tigre couché, en 1849 un vernis mou Lionne dévorant un arabe) pour Y Artiste complè-

Ges deux pièces sont datées de 1831.

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