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FELIX BUHOT

des estampes de l’Extrême-Orient, ont contribué à ce retour. La substitution au format démesuré adopté par Cadart, de dimensions plus modestes et plus aptes y a collaboré. Peintres et sculpteurs n’ont pas été rebutés par ces exigences nouvelles, mais, prés d’eux, ont paru des artistes voués d’une façon plus exclusive à l’eau-forte.

Une véritable inquiétude dans la recherche, l’acquisition des procédés apparaît chez Henri Guérard ou chez Norbert Gœneutte (1854-1894); la joie des réussites est visible chez Buhot.

Félix Buhot (1847-1898) est un aimable petit maître, attachant par sa fantaisie, sa vision pittoresque, sa perpétuelle bonne humeur. 11 a repris, des lithographies romantiques, la manie de couvrir les marges de ses estampes de croquis, et il déploie dans ces gamineries une verve unique (fig. 158). C’est dans le débraillé de cette présentation intime qu’il faut le regarder et non quand il s’est résigné à s’encadrer de blanc. Grand flâneur, il s’amuse aux spectacles de la rue, aux Fiacres [Bourcard. 123] (1876) qui stationnent dans les vastes avenues, au bruit de la Fête Nationale [B. 127] (1878), accourt le 20 mars aux Champ s-E lysées H B . 125], admire la Neige [B. 128] (1879) où les parisiennes pataugent, ravi surtout quand la pluie transforme les trottoirs et les chaussées en miroirs. Ce parisien, quand il s’éloigne de la Place Pigalle [B. 129] (1878), et de la Taverne du Bagne [B. 163], retrouve, en Angleterre, un pittoresque semblable, aussi inspiré, d’ailleurs, par Y Embarcadère [B. 130] que par Westminster Bridge [B. 156]. Buhot mélange l’eau-forte, la pointe sèche et l’aquatinte, l’aquatinte procédé dangereux par ses séductions faciles et qu’il aime parce qu’elle est colorée. Il se complaît aux combinaisons, aux jeux imprévus, tire ses épreuves lui-même et varie les tirages, au risque d’embarrasser les iconographes. Tout à fait à part, une série rustique tranche par la sobriété, son inspiration toute simple ; elle offre des pages charmantes : les Anons [B. 54], Y Ane s se [B. 56], les Chaumières [B. 149 et 150].

Les grands portraits de M. Fer. Desmoulin ont été lavés à T aquatinte. Par contre, la pointe sèche, précise, incisive, a été l’instrument préféré de Marcellin Desboutin (1823-1902) qui, surtout vers la fin de sa carrière, a gravé une galerie d’effigies pénétrantes : près de Pie IX, d’Emile Zola, de Puvis de Chavannes, on y admire le propre portrait de l’auteur, le célèbre Homme à la pipe. En ce genre, le premier rang revient de droit à Rodin dont la main, habituée à modeler la vie, a manié la pointe avec une décision et une douceur singulières, et fait émerger de la planche les

Fig. 158. — Félix Buliot. Illustration pour le Chevalier Destouches. [Bourcard. 91].

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