RENAISSANCE DE LA LITHOGRAPHIE
d’expression1. La lithographie délaissée a eu un regain de vitalité; le bois original abandonné pendant deux siècles a ressuscité.
La lithographie peu à peu s’était éteinte. Bonhommé (1809-1881) avait signé encore en 1850, en 1854 de grandes pages : le 23. juin 1848 , les Mineurs français au Creusot. Hervier avait poursuivi une série de savoureuses et truculentes images, scènes rustiques ou populaires colorées par un romantique. Dans le camp des humoristes, les imitateurs et les séides de Daumier et de Gavarni copiaient leurs formules sans les renouveler, et bientôt apparaissait une génération de dessinateurs, insoucieux de Inexécution et des procédés, qui confiaient leurs croquis à des manœuvres, sans s’inquiéter du travail de plus en plus hâtif du clichage et de l’impression : Cham, Gill, Grévin, vedettes de la polémique politique ou sociale demeuraient étrangers à la gravure. La lithographie était abandonnée sans partage aux traducteurs et aux praticiens.
En 1861 eut lieu la vente de Parguez. Parguez ami des Romantiques et qui avait fait publier à ses frais le Faust de Delacroix, avait réuni en une collection incomparable la presque totalité des chefs-d’œuvre de la lithographie. Pli. Burty, dans la préface du catalogue, rappela les titres de gloire du procédé et, fit l’apologie des belles lithographies, ce reproduction la plus spontanée de la pensée du peintre » capables de « rendre cette pensée avec la force et la virginité d’un dessin original ».
Immédiatement, Cad art fit porter des pierres aux jeunes artistes dont il était l’ami, à Bracquemond, à Manet, Ribot, Legros et Fan tin-Latour (1835-1904). Illes laissait absolument libres de leur inspiration etde leurs procédés. Manet traça le Ballon , Ribot la Lecture , Legros les Carriers de Montrouge , Bracquemond les Cavaliers. Fantin, sur trois pierres qu’il avait reçues, dessina quatre compositions dans lesquelles il exprimait les maîtresses préoccupations de son génie : Tannhauser , [Hédiart 1]. V Amour désarmé [H. 2], Y Education de l’amour [H. 3], et les Brodeuses [H. 4].
Par malheur les ouvriers de Remercier, chargés du tirage, s’effrayèrent de l’aspect insolite de ces travaux. Cadart eut le très grand tort de les écouter : il renonça à la publication projetée et les pierres, après quelques épreuves, furent effacées. La renaissance de la lithographie fut ainsi ajournée pour plus de dix ans.
C’est en 1873 seulement que Fantin, sous le coup d’une émotion
1 Pour le portrait original au burin se reporter aux lignes consacrées à Gaillard dans le chapitre précédent.