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LE BOIS ORIGINAL

cation de l'album des Peintres lithographes, de 1892 à 1897, mit en lumière, comme autrefois les albums Cadart pour l’eau-forte, des sympathies passagères ou durables. Desboutin, MM. Lepère, Bracquemond, Aman Jean, Henri Martin, Jean-Paul Laurens y voisinèrent avec Fantin-Latour et Carrière. En 1897, à la suite de l’exposition du centenaire da la litlio-

Fig. 161. — Lepère. L’atelier du graveur.

graphie, se fondait par les soins de M. M. Hamel une Société des peintres lithographes. La lithographie en noir ne trouve d’autres obstacles, aujourd'hui, que ceux qu’elle engendre elle-même; si elle recule un peu à l’heure présente, c’est devant la lithographie en couleurs.

X. — Le témoignage le plus curieux de la faveur dont s’entoure aujourd’hui l’estampe originale est l’apparition de graveurs originaux en bois. Nous le verrons en étudiant l’illustration : à la suite du développement extraordinaire de la gravure du bois en teinte , une réaction s’est produite vers le procédé employé aux époques classiques et l’on a recommencé à tailler le bois en fcic simile, c’est-à-dire en s’attachant scrupuleusement à dégagerles traits d’un dessin. 11 s’est alors rencontré des artistes capables à la fois de concevoir une composition et de la graver. Dessinateurs et

praticiens, on leur cherchera vainement dans le passé des devanciers. Au xvie siècle le graveur en bois travaillait sur la pensée d’autrui; le plus souvent, on mettait entre ses mains le bois dessiné ; parfois il recevait un dessin sur papier qu’il transportait sur bois. Il est arrivé exceptionnellement qu’un Christophe de Jegher établît lui-même son dessin d’après une ébauche ou un tableau de Rubens ; mais qu’un imagier inventât luimême sa composition, cela ne s’était peut-être jamais produit. M. Auguste Lepère a accompli cette union insolite. Son œuvre xylographique est conçu presque tout entier en vue de l’illustration du livre, mais il a une portée plus générale, exceptionnelle. Le bois a revêtu entre ses mains une richesse incomparable, où la simplicité des traditions s’associe aux raffinements delà sensibilité la plus complexe (fig. 161). M. Yallotton, au contraire, garde à ses estampes originales sur bois un caractère volontairement fruste et procède par simplifications hardies et oppositions des blancs purs aux noirs absolus.

Autour de M. Lepère se groupent des émules déjà nombreux : M. Jacques Beltrand, dont le père Tony Beltrand fut un précurseur de ce mouvement, M. Paul Colin, M. P. Vibert (Suisse). Ils pratiquent, non sans intransigeance, la gravure au canif et visent à des effets plus simples et plus francs.

XI. — La gravure en couleurs avait été abandonnée à la fin du xvme siècle. Seule l’imagerie d’Épinal, ressuscitant les traditions de la xylographie primitive, appelait le secours du bariolage pour ses placards indifférents à l’art mais précieux documents historiques. Quand la lithographie commença à se répandre, les imprimeurs virent, tout de suite, la possibilité de faire des tirages en couleurs à plusieurs pierres et, dès 1816, Lemercier éditait par ce procédé des images de vases étrusques. Malheureusement la chromolithographie s’engagea immédiatement dans une voie fausse : au lieu de tenter des estampes en couleurs, les éditeurs cherchèrent, comme autrefois Dagoty, à faire des contrefaçons de tableaux peints. Ils arrivèrent, en ce genre, à des résultats tout à fait remarquables, mais ces travaux, qui ne devaient plus être abandonnés l, se doublèrent d’entreprises commerciales imparfaites ou grossières; loin de réhabiliter la couleur, ils contribuèrent plutôt à en prolonger le mépris. Romantiques, réalistes vécurent dans une semblable indifférence. Pour voir renaître l’es-

Voir même livre, cliap. n, p. 256.

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