M. SEYMOUR HADEN
à Venise renouvela l'inspiration de Whistler et provoqua une série de nouveaux chefs-d'œuvre.
Le premier disciple, ou plutôt le premier émule de Whistler fut son beau-frère, M. Seymour Haden. M. Seymour Haden (né en 1818) étai t et est resté chirurgien, l'un des plus illustres de son pays. Sa vie d'artiste n'a été pour lui « qu’un fort petit épisode, un jour de fête pour ainsi dire, dans une carrière longue et laborieuse ». Cet amateur a, du moins, apporté dans la gravure non seulement un très haut talent, mais des conceptions esthétiques très précises et très réfléchies. « Je n’accorde, disait-il, qu'une place secondaire à la supériorité technique... il faut nous servir delà pointe en peintre, non en graveur; en poète, non en artisan... la pointe devient un interprète vivant et le simple trait une expression intelligente. » Ces doctrines ont présidé à des œuvres qui provoquaient, dès 1859, l'admiration de Burty charmé comme par « l'audition d'une belle mélodie populaire. »
M. Seymour Haden a subi l'influence de Whistler, mais il est aussi un disciple de Rembrandt qu'il a, nous le savons, étudié avec une perspicacité et une hardiesse fécondes1. Aussi rapide que Whistler, attiré comme lui par les bords de la Tamise et par la campagne anglaise, il a parfois cherché des effets plus chauds. Son observation est peut-être moins raffinée, moins subtile, elle est plus limpide et plus paisible (fig. 166).
En 1861, Edwin Edwards (1823-1879) compléta le groupe des chefs de l'eau-fortè anglaise. Depuis lors l'eau-forte a pris un développement énorme en Angleterre et aux États-Unis. L'influence de Whistler, de Seymour Haden, s'est combinée avec l'enseignement de M. Legros, établi à Londres, avec l'examen de l'œuvre de Méryon et la connaissance des classiques néerlandais de l'eau-forte.
Ainsi est apparue une pléiade d'artistes qui, avec des nuances personnelles, les uns plus âpres, presque archaïques, les autres plus sensibles au pittoresque, portent tous l'empreinte commune. Tous ils sont très habiles, tous paraissent sincères ; leur thème favori, qu’ils doivent particulièrement à Méryon est le paysage de ville. MM. Affleck, Cameron, Litton, Heseltine, G. Hoiroyd, Strang, Synge, Wyltie, analysent, avec une sûreté extraordinaire, les cités d Espagne ou d'Italie, Paris même ou Londres. Leurs rivaux américains l'emportent presque sur eux : ce sont M. Chandler, M. Roth, M. Mac Laughlan dont les estampes ont une tenue
Voir livre I,- chap. ni, p. 140.
AQUAFORTISTES AMÉRICAINS 413
grave, une précision exceptionnelle, M. Ch. Platt (né en 1860) dontle'sen-
Fig. 166. — M. Seymour Haden. Les Jardins de Kensington (1859). [Urake, 12].
tinrent est plus libre et plus large, M. Joseph Pennell qui par ailleurs est un historien très distingué de son art et qu’ont particulièrement frappé