LA GRÈGE PRIMITIVE
lion grecque, on découvre une vitalité, un instinct de l'art tout nouveaux (fîg. 174). Les gemmes retrouvées dans les tombeauxde Mycéniens ou Cretois accusent, avec évidence, l’influence orientale, mais leur forme est originale : lenticulaires, percées pour être enfilées dans des colliers ou montées en chatons de bague, elles ont un aspect inédit. La gravure même prend immédiatement un accent plus ferme.
A une première époque semblent appartenir des intailles dans lesquelles l'artiste encore timide se borne à des sujets très simples : fleurs — animaux seuls ou affrontés, ou futtant — scènes de chasse ou de guerre.
Fig. 173. — Empreinte de cylindre perse.
Une deuxième période présente plus de hardiesse, trop de hardiesse peutêtre ; l'artiste s'enhardit à des effets de perspective dont il se tire fort mal : raccourcis défectueux, efforts impuissants pour représenter personnages ou animaux sur plusieurs plans. L'œil ne suit pas les intentions du graveur et les figures se confondent en amalgames monstrueux. On a prétendu que ces hasards involontaires avaient déterminé des mythes : Pégase, la Gorgone, la Chimère, le Minotaure, les Harpies n'auraient pas eu d'autre origine. L’hypothèse semble aventureuse ; il est certain, du moins, que les gemmes ont concouru à l'établissement de telles croyances. C'est naturellement lorsqu’il se borne que l'artiste donne le mieux sa mesure; il montre sa conscience, son instinct d’observation, son indépendance. Certains animaux ont une perfection véritable ; ils ont la valeur d'art des célèbres bas-reliefs du vase de Vapliio.
La Grèce archaïque , après les invasions doriennes, demande aux Egyptiens la forme de ses intailles : scarabées ou scarabéoïdes, mais elle affirme, dans la facture, son originalité. La supériorité des artisans grecs s'impose à l’Orient et les Phéniciens importent des gemmes grecques dans les anciens centres de fabrication, Égypte ou Asie. Le cachet est d'un