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LE BOIS EN ALLEMAGNE

n’avait composé quelques pages où il traduisit les mœurs de son temps : la Danse d'Hérodiade [B. 8], le Galant, le Jeu , la Pileuse [B. 183], estampesdont l’intérêt historique rachète l’insuffisance esthétique.

Ce groupe d’artistes sans vigueur se traîna sans rien créer; ceuxd’entre eux qui survécurent à la vogue de Schongauer se mirent à copier les nouveaux dieux du jour, tels Wenceslas d’Olmütz ou Israël von Meckenen qui firent de lamentables contrefaçons d’Albert Dürer.

Aux approches du xvie siècle, des signes de renouveau se manifestent. L’imagination d’un N. -A. Mair qui grave avec âpreté aux environs de 1500 est parfois saisissante (1 ’ Heure de la mort (1499) [B. 10]) ; chez le maître M. Z. (Martin Zasinger?) on voit un sentiment vif de la vie (Y Embrassement [B. 15]). Le sculpteur Veit Stoss (1450-1533) esquisse d’une main élégante et sure la Vierge et l'enfant.

C’est l’heure où débute Dürer.

IL — Jusqu’à la fin du xve siècle, la gravure sur bois fut en Allemagne tout à fait indépendante de la gravure au burin. Ajoutons immédiatement que l’évolution en fut beaucoup moins brillante. Les artistes qui travaillaient pour le bois se désintéressèrent du métier et laissèrent à des artisans le soin obscur et délicat de manier l’échoppe. Ce divorce devait persister pendant tout le xvie siècle : il semble que ni Holbein, ni Dürer n’aient jamais entaillé le poirier; tout au plus ont-ils surveillé la transcription de leurs dessins. Fait important, qu’il ne faut pas perdre de vue toutes les fois qu’il est parlé de graveur sur bois allemand.

Les étapes de l’art furent marquées, moins par des estampes isolées que par des illustrations. Le succès persistant des xylographies encouragea les imprimeurs d’outre-Rbin à éditer de grands ouvrages illustrés. Leurs premiers essais dépassaient à peine les xylographies, ou leur restaient inférieurs. Le progrès se manifesta dans la Bible de Cologne (vers 1480) dont les 125 compositions inspirèrent souvent, par la suite, les meilleurs maîtres allemands, ou dans la Bible de Lübeck , de 1494. Les grands centres furent surtout Mayence et Nuremberg.

A Mayence fut publié un ouvrage, dont le succès fut énorme, la Peregrinatio in terrain sanctam de Breydenbach, sorte de guide du pèlerin en Palestine. Cet ancêtre des Baedeker et des Joanne offrait quelques figures, documents sincères, dessinées presque toutes d’après nature : animaux exotiques, types de costumes orientaux et des vues de

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