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LES PUBLICATIONS DE KOBURGER

villes, quelques-unes fantaisistes et reparaissant sans vergogne avec différentes attributions, d'autres sérieusement étudiées, Venise bu Rhodes. Ces dessins dus à un certain Reuwich, d'origine néerlandaise, étaient gravés avec simplicité, mais d'une main assez sûre. On sait que Carpaccio s'en inspira à mainte reprise.

A Nuremberg, le célébré imprimeur Koburger publia, coup sur coup, trois ouvrages remarquables, illustrés avec une véritable profusion. On fait honneur de l’invention des figures qui les ornent à Michel Wohlgemuth, le maître d’Albert Durer, assisté de son gendre Pleydenwurff. Mais il est difficile de croire qu'elles viennent d'une inspiration unique, à supposer même qu'elles aient été traduites par des artisans très diversement expérimentés, tant leur mérite est inégal. Il suffira d'attribuer à Wohlgemuth et à Pleydenwurff les meilleures d'entre elles. Le premier en date et le moins volumineux des trois livres est peut-être le plus savoureux. ü s’entend, d'ailleurs, que, pour en goûter le charme, il faut écarter de son esprit toute comparaison involontaire avec les burins contemporains de Martin Scbongauer dont la supériorité est écrasante. Il faut aussi songer que ces bois, pour être véritablement complets, demandaient une enluminure exécutée à la main. Cette enluminure, toute grossière fût-elle, leur communiquait une vie véritable. Par là, persistaient encore les souvenirs de la miniature. Le livre des Révélations de sainte Brigitte de Suède offre des compositions savantes ou des portraits naïfs dessinés avec une sympathique bonhomie. L'artisan, soit inexpérience, soit tendance de goût, a évité toute taille franche et exprimé le dessin par une sorte de griffonnage amusant. Au contraire les 91 planches de Y Écrin du Salut Eternel (1491) ont été entaillées avec brutalité, sur des dessins très inégaux, presque tous malhabiles ou lâchés.

La Chronique de Nuremberg est un livre magnifique. Il fut mis en vente, à la fois, en Allemagne, en France, en Italie, à Cracovie et à Bude. L'illustration en est surabondante : tous les personnages sacrés et profanes depuis la création y ont leur portrait, toutes les villes antiques et modernes leur panorama, les grands pays une vue d'ensemble; il est vrai que l’éditeur, moins scrupuleux qu’habile, fait repasser plusieurs fois le même cliché, toujours aussi fantaisiste, avec de différentes attributions. L'intérêt n’est pas là : il réside, pour l'historien, dans quelques cartes géographiques, dans les planches où sont figurés les monstres dont le moyen âge avait peuplé les régions lointaines, dans de curieuses images de Curtius et de Circé. L’intérêt artistique se concentre sur un

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