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LA NEF DES FOUS

petit nombre cle pages qui tranchent par leur mérite avec l’ensemble et qui sont vraisemblablement de Guillaume Wohlgemuth, fils de Michel : un Jugement dernier repris avec plus de fermeté d’après une ligure de YEcrin du Salut, les Jours de la création et surtout le frontispice, page superbe où Dieu en gloire est célébré avec puissance, parmi des ligures et des attributs ornementaux où se coin plairait auj ourd’hui encore rimagination germanique. Ici la sûreté d’exécution est remarquable ; ici l’on peut, sans crainte, songer à Scliongauer; ici l’on s’explique la venue prochaine d’Albert Dürer.

. Ce dernier était déjà un maître lorsque parut à Bâle l’ouvrage célèbre, la Nef des Fous. Un artiste inconnu y avait gravé une série considérable de planches avec rapidité, mais non sans finesse et avec un sens populaire remarquable. L’exactitude des Fig. 23. - Albert Dürer. Les trois génies [B. 66].

costumes et des usages

prouvent combien l’esprit d’observation s’était développé : le caractère satirique et moralisateur, la hantise de la mort soulignent les préoccupations dont allait germer la Réforme: un Hercule entre le vice et la vertu annonce l’époque de l’Humanisme.

III. — A l’aube du xvie siècle, Nuremberg était en Allemagne, ce que Venise était en Italie et Bruges dans les Flandres, la ville riche par excellence, le centre commercial de l’Europe centrale. L’activité intellectuelle

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