GRAVURE EN CREUX
ment tranchant (canif, gouge,’ échoppe), il creuse la planche en dégageant les traits de son dessin qu'il évite d'entamer — Ce travail achevé, le tirage se fait exactement comme celui d’un texte cliché; encrage, application par la presse sur une feuille de papier.
Gravure en creux. L’artiste entaille la plaque de métal polie, plaque de cuivre le plus ordinairement, avec un burin. Le burin est une tige d’acier coupée en biseau et emmanchée dans un morceau de bois arrondi. L'artiste tient le manche dans le creux de la main et sillonne la planche avec le burin tenu très obliquement. Il suit les indications d'un dessin très arrêté qu’il a établi à l'avance. Le travail est lent, il demande une grande sûreté, car les erreurs sont très difficilement réparables (pour effacer un trait, il faut replaner localement le cuivre). — Le travail achevé, le dessin entièrement creusé, on enlève soigneusement les barbes, c'est-à-dire les copeaux de métal rejetés par le burin de chaque côté des sillons qu’il a tracés; — on procède, avec un tampon, à l’encrage. L’encre s'accroche dans les creux et glisse, sans adhérer, sur les surfaces demeurées vierges ; — on essuie la plaque pour éviter toute maculature. — On prend alors une feuille de papier légèrement humide, on l'applique sur la planche et on la soumet à une forte pression. L'encre restée dans les sillons, y adhère. On obtient ainsi une première épreuve.
Cette épreuve ne répond presque jamais aux espérances du graveur qui a travaillé sans pouvoir se rendre un compte exact du résultat qu’il préparait. Il reprend donc sa planche et se livre à de nouveaux travaux soit avec son burin, soit avec la pointe sèche, aiguille fixée à une tige de bois et qui donnera des indications plus déliées. Une nouvelle épreuve témoigne de la valeur de ces retouches. L'artiste poursuivra son œuvre et se contrôlera par des épreuves d'essai jusqu'au moment où il sera pleinement satisfait. On nomme épreuves d'état ces épreuves tirées en cours de travail : dans les catalogues on les numérote et on les désigne : premier état, deuxième état, etc... Elles sont très recherchées, parce que rares et permettent de suivre le progrès de la pensée de l'artiste.
IL — La gravure est d'origine assez récente. Elle s'est constituée dans la période qui lie la fin du moyen âge au début de l’ère moderne. Il est impossible d'en préciser la date ou le lieu d'apparition.
Pendant longtemps on a cru, sur la foi de Yasari1, connaître avec une
1 yasari. . Vite, Vita di Marc-Antonio , éd. Milanesi, t. V, p. 395.