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PAUL POTIER

giste et les personnages dont il anime quelques scènes sont piètrement dessinés.

A ces maîtres entachés d’italianisme, on pourrait opposer, s’il ne fallait, au contraire, les rapprocher à cause de leurs instincts semblables, ceux qui puisèrent toutes leurs inspirations dans le sol natal. Cuyp (1620- 1691) a, malheureusement, fort peu gravé ; il nous appartient, à peine, par six croquis où, d'une pointe très grosse, il a esquissé des vaches. Paul Potter, au contraire (1625-1654) a maniéla pointe pendant toutle cours de

Fig. 51. — Karel du Jardin. Le mouton et les mouches. [B. 38].

sa trop brève carrière, puisque nous avons de lui des piècesdatées de 1643 à 1652. Bien que le nombre de ses eaux-fortes soit restreint, on sent qu’il les a travaillées avec joie, qu'il s'y est dépensé tout entier. Par elles, tout aussi bien que par ses œuvres peintes, il domine tous les animaliers ses contemporains. Son métier n’a rien de rare ni de particulier; il use avec liberté de pointes de diverses grosseurs, modèle tantôt par traits parallèles et tantôt par hachures brèves, mais cette technique est au service de l'intelligence la plus rare.

Au début, il trace sur la planche des compositions complètes : le Vacher de 1643 [B. 14], — l'artiste avait dix-huit ans — est une scène habilement agencée. Des vaches conduites par un pâtre viennent à travers bois et collines, par un sentier, vers un étang; d'autres vaches sont

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