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LE CRIBLE

de Saint Simon de Trente , victime prétendue d'un crime rituel [S. 1967]. Faut-il ajouter que, dès cette époque, des graveurs offrirent aux débauchés des images obscènes? Il y eut encore des estampes humoristiques ou satiriques, tel L’homme et les singes [S. 1985] inspiré par quelque récit de voyageur.

Y. — Dans cette période initiale, le bois joua le rôle essentiel.

Des artisans, issus, sans doute, des boutiques des orfèvres, tentèrent d’obtenir sur métal des clichés en relief, par un procédé rudimentaire auquel on a donné le nom de criblé.

La plaque était criblée de trous plus ou moins réguliers, plus ou moins espacés ; ces trous, à l’impression, déterminaient des blancs. On les obtenait, d’abord par un burin, puis avec des contre-poinçons de formes diverses donnant des petits points, des étoiles ou des fleurs de lys1. Les estampes ainsi produites présentent un aspect noirâtre caractéristique, presque ' toutes elles sont très frustes. On en jugera parla Sainte Face dont nous donnons une reproduction et à laquelle Delaborde attribuait la date de 1406 (fig. 7). Parfois le cliché avait été découpé et les fonds apparaissent en blanc comme dans une Sainte Catherine [S. 2569], ou dans un Saint Georges [S. 2633]. Une de ces estampes, la Vierge et l'Enfant Jésus [S. 2482] présente une inscription où l’on avait cru lire une signature : Bernardinus Milnet. On possédait donc un nom d’artiste et cet artiste était français ! Une

1 Dutuit, Manuel, I, p. 22. — Bouchot, Les deux cents incunables, p. 165.

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