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PREMIÈRES GRAVURES EN CREUX

lecture plus attentive a, par malheur, fait évanouir le prétendu Milnet \

Le criblé n’eut jamais grande importance et il disparut rapidement2 3. C'est sur l’origine de la gravure en creux que nous demeurons le plus mal informés.

La Vierge de 1451 décrite par Passavant, ou même la Passion de 1446 % découverte par Renouvier, précèdent de quelques années à peine la floraison d’estampes artistiques portant avec netteté la marque de génies nationaux. De ce côté, l’histoire de la gravure s'ouvre, pour ainsi dire, sans préambule. D'ailleurs, si l’impression d'une planche en relief était une opération très simple, accessible à des artisans, susceptible de donner rapidement des exemplaires nombreux et d’un prix peu coûteux, l'encrage et le tirage d’une planche en creux comportaient un soin et des loisirs dont seuls étaient capables de vrais artistes. On comprendra donc que, tandis que la gravure en relief resta longtemps un objet de commerce, la gravure en creux ait pris presque immédiatement un caractère artistique.

Quoi qu’il en soit, la gravure, née dans une époque d'exaltation générale, surgissant au milieu de l'épanouissement des autres arts plastiques, portée et soutenue par ces derniers, devait se dégager rapidement d’une enfance qui fut courte et glorieuse. Ses progrès nous sont attestés par les plaintes des miniaturistes. « Notre art est fini, écrivait en 1491 le miniaturiste siennois Bernardino di Michel Angelo Ciagnoni, il est tué par la mode des livres que l’on n’enlumine plus1. »

Dès la seconde partie du xve siècle, nous assistons à l'éclosion d'écoles nationales dans toute l’Europe occidentale.

BIBLIOGRAPHIE

1. II. — Les traités généraux indiqués dans la bibliographie générale et particulièrement les ouvrages de Dutuit, Heinecken, Passavant, ltenouvier.

M. Schmidt. Die frühesten und altesten Denkmàler des Holz-und Metallschnittes ans. d. 14 u. 15 lahrhunderten, in-fü. Nuremberg.

1 La Sainte Face , la Sainte Catherine, la Vierge et l'enfant Jésus et le Saint Georges, sont à la Bibliothèque Nationale.

2 Les dernières pièces en criblé dans lesquelL s les têtes complètement dégagées sont blanches* ressemblent à des gravures ordinaires (la Madone et deux saintes [S. 2518]) et l’on comprend* le procédé étant lent et difficile, qu’il ait été abandonné.

3 La Passion de 1446 est au Cabinet de Berlin.

* Gaye, Carteggio inedito d’artisti, 1839, t. I, p. 267.

P. Heitz. Einblattdrucke des fünféehnten Jcihrhundertes, in-4°, Strasbourg.

Albums à la suite des traités ci-dessous indiqués de Schreiber, Bouchot.

Jansen. Essai sur V origine de la gravure, in-8°, Paris, 1808.

Zani. Maleriali per servire alla storia dell' origine e progressi delV incisione in rame e in legno, in-8°, Parme, 1802.

Weigel. Die An fange der Drucker kunst, 2 vol. 'in-4°, Leipsig, 1815.

Ottley. An inquiry into lhe origin and early story of engraving upon copperand in wood, in-4°, Londres, 1816.

Schreiber. Manuel de V amateur de la gravure sur bois et sur métal au A Ve siècle, in-8° et in-f°, Berlin, 1891 sqq.

Jeux de cartes tarots et- de cartes numérales du XIVe au XVIIIe siècle représentés en cent planches d'après les originaux, avec précis historique et explicatif (par Duchesne aîné), Paris, 1844.

Henri d’Allemagne. Les cartes à jouer, du XIVe au XXe siècle, in-4°, Paris, 1906.

III. — Bouchot. Les deux cents incunables de la Bibliothèque Nationale, in-8°, Paris 18...

Bouchot. Un ancêtre de la gravure sur bois, in-4°, Paris, 1902.

II. llymans. L'estampe de 1418 et la validité de sa date. Bulletin de l’Académie de Belgique, 1903.

L. Alvin. Les grandes armoiries du duc de Bourgogne gravées vers 1461, in-8°, Bruxelles, 1859.

Schmidt. Formschnitte des XV-ten Jahrhunderts aus dem Kupferstichkabinet zu München, in-4°, Munich, 1886.

Pilinski. Monuments de la xylographie reproduits en fac-similé. Notice de Pawlowsld, in-4°, Paris, 1882-83.

IV. — M. Pellechet. Catalogue général des incunables des Bibliothèques publiques de France , in-8°, en cours de publication.

Didot. Des apocalypses figurées manuscrites et xylographiques, in-8°, Paris, 1870.

Ue Laborde. Débuts de l’imprimerie à Mayence et à Bamberg , Paris, 1840.

Joseph Guibert. Les origines de la Bible des Pauvres, in-8°, Paris, 1905.

V. — Schmidt. Die Inkunabeln des Kupferstiches im K. Kabinet zu München, in-4°, Munich, 1887.

Max Lehrs. Geschichte und krilischer Katalog des deutschen, niederlcindischen unclfranzôsischen Kupferstiches imXV, Jahrhundert. in-4°, Vienne. 1908.

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