‹ La Grèce ancienneChapitre 106 sur 144 · Tlmc, III, XIII · texte numérisé non relu

Tlmc, III, XIII

mercenaires, etc., sur lesquelles était fondée, avec la complication propre aux organisations commerciales, la prospérité du centre athénien.

Cet esprit de suite se manifeste enfin dans la persévérance avec laquelle les Spartiates, qui ne sont pas marins du tout, arrivent à constituer, malgré une foule de revers, une marine capable de tenir tête à la marine athénienne. Sparte elle-même n'a pour ainsi dire pas de vaisseaux. Mais dans la ligue qu'elle dirige figurent Corinthe, Sicyone, Epidaure, et quelques autres ports qui, tant bien que mal, mettent en ligne des escadres dont la réunion fait nombre. Presque invariablement, ces escadres sont battues par les Athéniens, mais les vaincus ne se découragent pas, et recommencent leurs tentatives. Vers la fin de la guerre, un secours précieux leur arrive en la personne des Syracusains. « Personne, constate Thucydide, ne ressemblait plus aux Athéniens; aussi n'eurent-ils pas d'ennemis plus redoutables '. « Un autre secours vient de Tor des Perses qui, trouvant intérêt à diminuer la puissance de cette Athènes qui les a battus et domine plus ou moins directement leurs rivages, subventionnent les confédérés péloponésiens. C'est au moyen de ces flottes, peu à peu aguerries, que les Spartiates et leurs alliés, après les désastres de Sicile, soulèvent l'Ionie et atteignent enfin Tllellespont. Une lutte vigoureuse s'engage alors autour de cette route des blés et des autres richesses du Nord. C'est là — fait significatif — que se livrent les trois dernières grandes batailles de la guerre : celle de Cyzique, au débouché nord de ITlellespont, gagnée par Alcibiade sur les Péloponésiens ; celle des iles Argiauses, au débouché sud de l'IloUespont, le dernier triomphe d'Athènes (qui traite ses sauveurs comme nous l'avons vu), et enfin celle d\^gos-Potamos, livrée dans l'Hellespont même, au centre de cet étroit corridor dont la destinée va décider de celle d'Athènes. Les Athéniens surpris à terre, sur le rivage occidental où ils stationnent, et surpris à cause de la pi'oximité du rivage oriental où stationne la flotte ennemie, sont irrémédiablement battus et leur dernière flotte anéantie. Cette

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