Thiic, VIII, Nf.vi
1\. — LES GLERRES ENTHE CITES. 245
fois, c'est la lin, et Athènes, affamée désormais par mer comme elle l'est depuis lom: temps parterre, capitule au bout de six mois.
Les conditions imposées à la cité vaincue par Lysandre, son vainqueur, sont en elles-mêmes assez suggestives, et répondent bien à ce que nous avons dit de l'état social. Ces conditions sont : 1" la démolition des murs, ces terribles murs devant lesquels s'arrêtaient respectueusement les guerriers de Sparte; 2" l'évacuation des cités conquises, c'est-à-dire la rupture de tout lien pouvant établir l'autorité d'Athènes sur d'autres cités; 3" la innitation des forces maritimes à douze vaisseaux, autrement dit la revanche des terriens sur cette marine qui leur a fait tant de mal et une précaution draconienne contre le retour de sa prépondérance; k" l'allicmce avec Sparte, ou la mise en pratique de cette amitié forcée dont nous avons vu tant d'e.xemples; 5' enfin le rappel des bannis, sur lesquels Sparte va s'appuyer pour créer un nouveau gouvernement à Athènes. Conformément à la nature de la Cité grecque, les vainqueurs n'annexent pas; ils installent des amis au pouvoir dans la cité qu'ils viennent de vaincre, et ce pouvoir sera de l'espèce qui a les préférences de la cité victorieuse. Athènes passe donc de la démocratie à l'oligarchie, et trente Athéniens si/mpathiques à Sparte prennent la direction des affaires. C'est ce qu'on appellera plus tard les « trente tyrans » (40i).
Après quoi, Sparte se retire, ayant accompli sa besogne directrice et militariste, entourée d'un prestig^e glorieux qui flatte évidemment ses guerriers, mais sans avoir accompli, en définitive, aucun acte d'ascension sociale. Son trjpe n'a pas cVexjjansion. Au cours de la guerre, elle a essayé de fonder une cité nouvelle en Thessalie, Héraclée, et a fait appel à tous les concours. Cet essai a lamentablement échoué. Détaché de la culture et des autres travaux usuels, le Spartiate demeure un athlète, un soldat, un « capitaine », un splendide meneur de bandes disciplinées, mais // n'est que cela et ne sait pas faire autre chose. C'est pourquoi ses triomphes demeurent des triomphes en l'air, sans enracinement dans le sol, et sans influence heureuse, par conséquent, sur l'avenir de la race.