‹ La Grèce ancienneChapitre 108 sur 144 · LES MERCENAIRES. CE QUI LES POUSSE EN ASIE · texte numérisé non relu

LES MERCENAIRES. CE QUI LES POUSSE EN ASIE

CE QUI LES ARRÊTE ENCORE. — DEUXIÈME ÉCHANTIL- LON DES GUERRES ENTRE CITÉS : THÈBES CONTRE SPARTE.

Le développement du type mercenaire. — Les guerres entre cités, telles que la guerre du Péloponèse, tendent à développer le type du batailleur professionnel.

Certains citoyens s'habituent à vivre le plus souvent hors de leur cité, et à faire de la guerre leur moyen d'existence, qui comprend deux éléments : la solde et le butin.

En outre, ce métier est tout à fait ce qu'il faut pour les nombreux bannis à qui leur patrie est interdite. Ces bannis, nous l'avons vu, sont tout disposés à porter les armes contre n'importe qui, et spécialement contre leur cité.

Le développement de la richesse dans certaines cités, résultat du commerce et des tributs payés par les cités vassales, permettent l'atlectation de crédits importants à des soldes régulières, et dès lors les batailleurs professionnels sentent leur u avenir » v^ peu près assuré. Bien entendu, le mercenaire n'oublie pas le casuel du métier, c'est-à-dire ces lucratifs pillages qui t>nt fait dci»uis des siècles le bonheur de ses ancêtres. De là une disposition persistante à aller combattre loin, si quelque « toison d'or » est signalée au delà des mers. La toison d'or, ce sera la Perse, et les e\j)é(liti()ns de l'âge héroï(|ii(^ tendri>nt à se renouveler sous une auti'e hjrme.

\. — l.i:S MKUCENAIKES. 247

Athènes avait déjà employé des niercenairespcndant laguerre du Péloponèse, et, vers la lin de cette gueri'e, les Péloponésiens s'étaient mis aux ga.::es des satrapes [)ei'ses. Mais (;à et là, individuellement, beaucoup d' « amateurs » se louaient au plus oU'rant. llermocrate de Syracuse, parlant aux Siciliens lors de l'expédition d'Athènes, disait avec une nuanco d'ironie : « Attirons chez «ous ces hommes qui vont partout oilrir leurs armes, même quand on ne les appelle pas » K Athènes une fois vaincue et la grande guerre terminée, il est clair que d'innombrables « bonnes volontés » vont se trouver disponibles, et que, de ce « chômage », sortiront facilement des aventures nouvelles, destinées à donner de louvrage à tous ces javelots inoccupés.

Mais tandis que le type du soldat de métier se constitue ou se perfectionne, un phénomène corrélatif se produit dans la Cité.

Celle-ci se départage, et, puisqu'une catégorie de g"ens s'érigent en spécialistes de la guerre, l)eaucoup d'autres citoyens en profitent pour esquiver désormais le service ou en faire le moins possible. Ils sont d'autant moins soldats que les autres le sont plus. De là, nous le verrons tout à l'heure, un certain laisser-aller vers le bien-être, un progrès de la corruption et de la mollesse et l'essor du luxe p)'ivé, succédant au luxe public.

Sparte impuissante à bien utiliser les mercenaires : la décadence Spartiate. — Cette force redoutable, représentée par les condottieri, dont chacun est une sorte de virtuose militaire, qui va le mieux l'utiliser?

Un nom vient immédiatement à l'esprit :celui de Sparte, Sparte la victorieuse, qui a terrassé Athènes, débauché les alliés de celle-ci, et règne plus que jamais, d'un bout de la Grèce à l'autre, par le prestige de sa valeur.

Eh bien! Sparte est imparfaitement organisée pour l'utilisation des condottieri.

Sparte, malgré les talents militaires de ses citoyens, est une trop petite cité. Elle ne peut pas disperser au loin trop de Spar-

Page 1