‹ La Grèce ancienneChapitre 112 sur 144 · X. — I.KS MKHCENAIHKS · texte numérisé non relu

X. — I.KS MKHCENAIHKS

du condottieri, tendant à diminuer l'amour exclusif de la cité, rend moins odieux, plus supportables, les orateurs qui « se louent » eux-mêmes à l'étranger. Il y a corrélation entre les deux phénomènes, et le premier aide à faire passer le second.

L'armée de métier et l'évolution de la tactique : Iphicrate. — Nous n'insisterons pas sur les guerres confuses qui suivent l'expédition d'Agésilas. ('/est la répétition de ce que nous avons déjà vu, avec cette différence que l'or des Perses intervient à titre de subvention, (l'est avec cet or que Gonon relève les nmrailles d'Athènes, comme c'est avec cet or qu'ont été équipés les vaisseaux qui ont enlevé aux Péloponésiens l'empire de la mer. il est plus intéressant de noter les transformations qui s'opèren' dans la tactique, et à la plupart desquelles demeure attaché le nom diphicrate.

Iphicrate, le principal iiénéral athénien de cette époque, commandait primitivement un corps de mercenaires. C'est en vivant avec ces soldats de métier qu'il conçut l'idée de plusieurs modifications fécondes, qui d'ailleurs, comme l'on dit, « étaient dans l'air ».

Iphicrate reconnut que l'attirail défensif des hoplites était trop lourd. Excellentes pour la défense individuelle, ces cuirasses, jambières, etc., ne s'adaptaient pas à une guerre savante, comportant marches, contre-marches, évolutions perfectionnées. Il s'attacha donc à rendre l'armement défensif plus léger. Il n y avait pour cela qu'à s'inspirer des « troupes légères » qui existaient déjà, et qu'on recrutait parmi les auxiliaires. Frappé des services que rendaient les peltastes, ou soldats armés du petit bouclier d'osier, il généralisa l'usage de celui-ci. Le grand bouclier fut condamné; la cuirasse, au lieu de se faire en bronze, se fit en étoffe; les jambières de métal firent place à des jambières de cuir. En revanche, ce qui servait à l'attaque reçut de plus amples dimensions. La lance doubla de longueur. L'épée aussi s'allongea. Les troupes, exercées avec plus de méthode, s'habituèrent à évoluer sur de simples signaux. Les mouvements, les attitudes se compliquèrent savamment. Chabrias, autre

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général athénien, passe pour avoir introduit la pratique du « genou terre ». Les « armes spéciales », à côté des « troupes de ligne », reçurent des soins spéciaux. On fit les frais nécessaires pour augmenter la cavalerie qui, nous l'avons vu, était, en raison même de la nature du sol, demeurée jusqu'alors très rudimentaire. Les écrits du lemps attestent les préoccupations que causent toutes ces réformes. Xénophon, l'homme universel, écrit un opuscule sur « le commandant de cavalerie ». L'Arcadie, patrie des mercenaires, produit un écrivain spécialiste, Enée le tacticien, qui écrit des Mémoires sur la stratégie.

C'est peut-être précisément cette complication de mouvements qui rend moins intéressante la guerre livrée à cette époque autour de Corinthe par les Lacédémoniens dune part et les cités coalisées de l'autre. Un des faits principaux de cette guerre est la prise de la citadelle de Corinthe par Iphicrate, qui, pendant quelque temps, bloqua ainsi les Lacédémoniens dans le Péloponèse. Cette guerre finit par un jeu de bascule assez compréhensible, lorsque les Perses, craignant de favoriser par leurs subventions le trop grand relèvement d'Athènes, se rapprochent encore de Sparte et obtiennent ainsi un traité qui leur garantit leur domination sur les Grecs d'Asie. Le roi de Sparte Antalcidas attache son nom à ce traité, qui désarme la coalition.

La fin de la carrière dlphicrate est à noter. Rendu « disponible » par la paix d'Antalcidas, le grand tacticien s'engage en Thrace comme chef de condottieri, et y épouse la lîUe du roi Cotys. Puis, changeant de service, il se fait embaucher par le satrape Pharnabaze pour aller, à la tète de vingt mille mercenaires, réprimer une insurrection d'Égyptiens. Pendant ce temps, il est desservi à Athènes. Enfin, victime d'une de ces condamnations si fréquentes contre les hommes éminents, il se retire cû Thrace, non loin de ces Macédoniens qui, attentifs aux progrès de la tactique grecque, vont bientôt les atteindre et les dépasser.

Ceux qui ne se battent pas : l'indifférence, le luxe privé et les arts. — Mais, avons-nous dit, le phcnumène en vertu du(|uel

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