LES MERCENAIRES
(le qui fait l'orluinalité (rEpaininondas, c'est qu'il s'impose à l'admiration comme V/ioinme qui a vaincu les Spartiates: .sur terre. Ipliicrate avait bien commencé, mais seulement dans des engagements secondaires et peu décisifs. Avec Epaminondas, on assiste à ce spectacle inouï d'armées lacédémoniennes, relativement nombreuses, vaincues en bataille rangée, à Leuctres et à iMantinée par exemple. Aussi cette nouvelle « guerre du Péloponèse » revèt-elle un caractère bien spécial qui la distingue de la première. On se rappelle que,;j«5 une fois, une armée athénienne n'avait osé se mesurer sur terre avec une armée lacédémonienne. Athènes ne portait ses coups que par mer. Cette fois, la mer est absente. C'est entre montagnards que la querelle se vide. Maintenant, pourquoi cet avènement militaire et ces triomphes inouïs des Thébains?
D'abord les Thébains, en combattant à côté des Spartiates pendant toute la guerre du Péloponèse, ont pu se former à leur école et se pénétrer utilement de leurs procédés.
Ensuite ces mêmes Thébains, grâce au voisinage d'Athènes et aux relations qui en résultaient, ont pu élever leur niveau intellectuel et acquérir un peu de cette souplesse, de cette fertilité en ressources, qui distinguait les Athéniens.
En troisième lieu, Sparte, comme nous l'avons noté, vient de se livrer à un gigantesque effort qui a entamé sa constitution sociale et ouvert les voies à la décadence.
Enfin Thèbes, par cela même qu'elle attaque sur terre, va pouvoir, une fois le Péloponèse entamé, ivonyev dans Vintérieur des terres, ou plutôt des montagnes péloponésiennes, un allié nouveau, précieux, qui attendait un coup de main du Nord pour se dresser contre Sparte. Cet allié, c'est l'Arcadie.
L'Arcadie, surnommée Suisse du Péloponèse, avait été un grand refuge de Pélasges au moment de la descente des Héraclides. Plus tard, ses cités montagnardes, isolées de la mer, avaient subi Tascendant et le joug indirect de Sparte. Celle-ci sut longtemps utiliser et exploiter ces merveilleux soldats. Mais, depuis la fin de la guerre du Péloponèse, beaucoup d'Arcadiens, suivant la pente naturelle aux montagnards belliqueux trop à
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l'étroit dans leurs montagnes, étaient allés louer leurs services et leurs lances au plus offrant. Beaucoup avaient fait la campagne des Dix Mille, et ces aventures lointaines leur avaient ouvert les idées. Bref, selon l'expression connue, ces gens-là « reprennent conscience d'eux-mêmes », comme la chose éclate dans ce passage de Xénophon : « Survient un certain Lycomède de Mantinée. . . Il excite chez les Ârcadiens des pensées orgueilleuses ; il leur dit qu'eux seuls peuvent regarder le Pélo|)onèse comme leur patrie, puisque eux seuls y sont autochtones; il leur répète que la nation arcadienne est la plus nombreuse de la Grèce, et l'emporte surtout parla complexion robuste de ses habitants; il leur montre qu'ils sont les plus vaillants, et leur en donne pour preuve que, quand on a besoin (V auxiliaires, on préfère le>i Arcadiens à tous les autres peuples, ajoutant que, sans eux, les Lacédémoniens n'auraient jamais pu attaquer le territoire d'Athènes, ni les Thébains arriver maintenant jusqu'à Lacédémone' ».
Ici encore, le rôle des condottieri éclate au grand jour. Ces condottieri, Epaminondas a su les mettre dans son jeu, et ils marchent maintenant contre cette Sparte qui naguère les obligeait à marcher gratis. C'est une revanche. Et ils ne sont pas les seuls dans le mouvement. Les Messéniens en sont aussi. Longtemps dominés par les Spartiates, ils sinsurgent enfin quand ils voient le Péloponcse envahi et ces terribles guerriers Spartiates, considérés depuis des siècles comme invincibles, fuyant comme de simples mortels. Ces réveils de populations font bien voir quelle était la nature de la domination Spartiate, et combien ces Doriens militaires, vigoureusement y>o^^^y sur le pays, s'y étaient peu enracinés. Un autre fait achève de nous eu convaincre. Au moment où les Thébains envahissent la Laconie, le gouvernement de Sparte est obligé de promettre la liberté aux ilotes qui voudront s'armer pour la cause lacédémouiennc Six mille d'entre eux acceptent, et vont renforcer les rangs de leurs maîtres. Bref, jamais Sparte n"a couru un aussi formidable péril. Epaminondas triomphant conduit ses bandes jusque dans les faubourgs